couverture

La théorie de la relativité -Barbara Haworth-Attard - 4/5

Editions Thierry Magnier

Roman Jeunesse










  

Rassurez-vous, malgré le titre trompeur, ce n'est pas d'un obscur traité sur les théories d'Einstein dont je vais vous parler, mais bien d'un roman jeunesse.
Dylan vit dans la rue et il a une théorie, une personne sur quatre lui donne de l'argent. Et comme toutes les bonnes théories, il faut la vérifier. Cela tombe bien, Dylan n'a que ça à faire depuis que sa mère l'a mis à la porte le jour de son seizième anniversaire.
Des théories comme ça, Dylan en a un paquet. Comme Einstein dont il découvre la bibliographie à la bibliothèque en essayant d'échapper au froid, son esprit est continuellement en mouvement. Malheureusement cela ne suffit pas pour survivre dans l'enfer de la rue. Dylan n'est pas le seul adolescent à vivre dehors. Dans la rue, il y a aussi Ambre, la belle et douce Jenna dont il est amoureux ou encore Twitch, un jeune garçon drogué et illettré à la fragilité attachante.
Mon avis :

Résultat de recherche d'images pour "remi sans famille"J'ai beaucoup aimé ce roman. L'auteur évoque de façon très juste une dure réalité, dont on parle finalement assez peu dans la littérature jeunesse : les enfants des rues. Oh bien sûr, tout le monde a entendu parler du petit Rémi, de sans famille ou du jeune Oliver Twist, de Dickens, mais on oublie facilement que cela existe encore, et parfois beaucoup plus près de chez nous qu’on l'imagine. D'après l'UNICEF, 120 millions d'enfants vivent dans les rues. En France, ils sont 40000 à être livrés à eux-mêmes. La plupart ont fui un contexte familial difficile, d'autres comme Dylan ont été mis à la porte. Mais je m'égare. Dans la théorie de la relativité, Barbara H-A nous décrit sans fausse pudeur la difficulté de la vie de ces jeunes livrés à eux-mêmes. Où plutôt de la survie, car quand on est à la rue, on ne vit pas, on survit. Résultat de recherche d'images pour "oliver twist"La force de ce livre réside dans la froide simplicité avec lesquels l'auteur aborde les problèmes auxquelles sont confrontés ces enfants : la faim, le froid, la solitude, la drogue qui aide à oublier, mais rend complètement dépendant, ou encore la prostitution, l'inceste, les gangs de rue qui essayent d'instaurer leur loi. Malgré tout, ces gosses ont un courage et une rage de vivre qui force le respect. Rare sont les fois où ils se plaignent de leur sort. Ils surmontent les épreuves ensembles.



Résultat de recherche d'images pour "enfant des rues"C'est le deuxième gros point fort de ce roman, ces personnages. J'ai tendance à trouver les personnages de roman pour ado un peu fade, un peu stéréotypé, mais pas là. Ce sont des vrais ados, avec leurs contradictions, leur passé, souvent douloureux, mais toujours évoqué avec énormément de pudeur, leurs défauts aussi. Aidé par la narration à la première personne, on s'attache tout de suite à Dylan, un garçon intelligent, peut-être un peu trop, fier aussi, indubitablement trop pour son propre bien. Ses compagnons d'infortune ne sont pas en reste. De fortes personnalités, très différentes, avec comme seuls points communs des blessures, parfois visibles, des fois, non. Les adolescents, qui sont la cible de ce livre, ne pourront pas rester indifférents au sort de ces jeunes qui leur ressemble, et que le hasard de la vie a jeté sur le trottoir.

L'écriture est fluide et rythmée ce qui ne gâche rien. Bref, je vous recommande vivement ce livre.
En bonus, une petite vidéo sur une expérience réalisée en Suède. Je l'ai trouvée très bien faite, et cela fait un moment que je me demande où la placer.
 Et vous, auriez-vous prêter votre manteau ?


Ps : si le sujet des enfants des rues vous intéresse, vous pouvez faire un tour ici pour avoir les chiffres, ou encore ici pour leur donner un petit coup de pouce. 






A ce stade, vous êtes censé savoir à peu près ce qui va se dérouler dans votre roman, nous pouvons donc passer à l'étape suivante : les personnages.
(si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours aller faire un tour ici : planifier son roman #1)

Les personnages sont les pièces maîtresses d'une bonne histoire. Ce sont eux qui feront la richesse de votre roman. J'entends déjà certains me dire : oui, mais moi, j'écris des romans d'aventures/ de fantasy/de sf, les personnages, c'est secondaire, ce qui compte c'est l'action / l'univers. D'accord, c'est vrai, la personnalité des personnages et moins importante dans certains styles de roman que dans d'autres(je reviendrai là-dessus dans un prochain article), malgré tout, quelque que soit le genre dans lequel vous écrivez, n'oubliez pas que le suspense résulte en premier lieu de l'envie se savoir se qui va arriver aux personnages. Peu importe que votre roman raconte les aventures d'un  agent secret qui doit sauver le monde d'une invasion imminente d'extraterrestres ou d'une femme prisonnière d'une relation toxique qui l'empoisonne à petit feu, créez des personnages auxquels le lecteur s'attachera ( ou à la rigueur, détestera) et vous aurez fait la moitié du travail pour qu'il continue à lire ce que vous avez écrit. Ce sont vos personnages également qui vous donneront vos intrigues secondaires 

" Mon dieu, mais quand est-ce qu'il va se décider à l'embrasser !!! "

 Désolé, je m'égare. Revenons à nos personnages. Dans son livre, Élisabeth George nous conseille de commencer par une liste générique des personnages susceptible d'apparaître dans votre roman. À cette étape, ils n'ont pas forcément de nom, c'est plus des catégories de personnes ( l'assassin, la victime, sa famille, les policiers). Elle n'est pas forcément exhaustive.
Voilà celle que j'ai créée pour le pays des enfants parfaits. On retrouve bien évidemment Samuel et Ruby, les deux adolescents dont je vous ai parlé précédemment et leur entourage. 


Ensuite, on passe à la création des personnages à proprement parler. Il s'agit de rédiger une fiche aussi complète que possible sur chacun des personnages, en commençant bien sûr par leur trouver un nom. Écrivez tout ce qui vous passe par la tête à propos du personnage de son passé, de son physique, de sa personnalité. Laissez parler votre créativité sans chercher à trop organiser les choses. Vous êtes les maîtres de votre monde, profitez-en. Il sera toujours temps d'affiner et de trier toutes ses informations plus tard.

Voici une feuille de route pour vous aider, le but n'étant pas de compléter les blancs (remplir une fiche ne stimule pas la partie créative de votre cerveau), mais de vérifier qu'on n'a pas oublié de points importants et de relancer notre imaginaire en cas de panne d'inspiration :


  • Nom 
  • Age 
  • Taille 
  • Poids /constitution physique
  • lieu de naissance 
  • couleur des yeux/cheveux
  • particularité physique ( ex cicatrice, tâche de rousseur...)
  • Niveau d'étude
  • Sexualité
  • Meilleur ami
  • Ennemi
  • Famille
  • Besoin central
  • Démarche pathologique
  • Ambition dans la vie
  • Gestuelle en parlant
  • Plus fort trait de caractère
  • Défaut /qualité
  • Se moque de
  • Psychologie
  • Tendance politique
  • Hobby
  • Ce que les autres remarquent en premier à son sujet
  • Ce que le personnage fait quand il est tout seul
  • Le lecteur aimera-t-il ou détestera-t-il ce personnage
  • Le personnage change-t-il au cours de l'histoire et comment ?
  • Événement significatif qui a formé le personnage
  • Événement significatif qui illustre sa personnalité

Je voudrais aborder plus précisément certains éléments de cette liste qui me semblent essentiels :
- Le nom : Il représentera souvent le premier indice que rencontra le lecteur pour cerner votre personnage. Il doit être révélateur de son rang social et en adéquation avec l'image de lui que vous voulez donner au lecteur ( sauf si vous voulez l'entraîner sur une fausse piste)

- Le besoin central : Si comme moi, vous n'êtes pas psy et que vos cours de philo commencent à dater un peu, vous vous demandez sans doute " qu'est ce que c'est exactement que ce truc-là ?" Comment vous expliquer ça sans entrer dans la psychologie à deux balles ? Nous avons tous des besoins fondamentaux, sur lesquels toute notre vie nous basons l'essentiel de notre comportement. C'est quelque chose de fondamental chez l'être humain, une pulsion irrésistible qui peut, si elle n'est pas assouvie, entraîner de gros problèmes psychopathologiques. Vous me suivez ? Non. Essayons de faire plus simple. Le comportement de chacun est dicté par un certain nombre de motivations : je veux avoir une bonne note au contrôle de demain, je révise ; j'ai envie de perdre du poids, j'évite de me jeter sur le pot de Nutella qui me fait les yeux doux sur l'étagère. Ce sont de motivations évidentes et compréhensibles par tous. D'autres sont ancrés profondément en nous. Elles nous sont propres, et font que face à une situation donnée, nous ne réagissons pas de la même manière que notre voisin. Ce sont elles qui indiquent quels sont nos besoins centraux. Je citerai par exemple le besoin de réussir tout ce qu'on entreprend, de faire son devoir, d'appartenir à un groupe, d'authenticité, d'avoir raison à tout prix... Ce premier point nous amène directement au suivant, la démarche pathologique

Résultat de recherche d'images pour "fruit basket  kyos'enerve"
- La démarche pathologique : Encore un terme compliqué, mais cette fois-ci, c'est plutôt simple à expliquer. La démarche pathologique, c'est ce que fait le personnage quand il est sous pression, notamment quand on cherche à contrarier l'assouvissement de son besoin central. Prenons l'exemple de quelqu'un dont le besoin central est la recherche permanente de l'excitation. Maintenant, enfermons-le plusieurs heures dans une salle de classe face à un prof ennuyeux à mourir (petit rire sadique !). Sa seule envie est de sortir dehors se défouler. Oui, mais il ne peut pas. Il doit rester sagement assis à écouter ce fichu cours. Plus le temps passe, plus son angoisse ( ou son énervement ) va croissant, et quand il arrive au point de rupture, et bien, il explose. La manifestation de son énervement se traduira de manière similaire à son besoin vital, de manière explosive, contrairement à quelqu'un qui recherche l'excellence et pour qui exploser est un signe de faiblesse. Quelques exemples de manifestations pathologiques : les hallucinations, les addictions, le déni, l'hypocondrie, le repli sur sois-même, un comportement violent envers les autres ou envers sois-même.

- Un autre élément vital de l'analyse de caractère est le récit d'un événement du passé qui a eu un fort impact sur lui. Il est probable que cet événement n'apparaîtra pas dans le roman, surtout pour les perso secondaires, mais le fait de le connaître influera sur notre façon de percevoir le personnage, et contribuera à lui donner une existence. Notre passé fait partie de nous, ne pas en donner à votre personnage, c'est créer une coquille vide. 


Je vous mets en exemple la fiche que j'ai créée pour Ruby, l'un de mes personnages principaux. Je vous la laisse telle quelle. Elle est exactement comme ça dans mon fichier de note. Je m'excuse d'ailleurs d'avance pour les fautes que ce texte doit probablement contenir. Vous remarquerez également que je note les choses comme elle me vienne, sans chercher à faire de belles phrases ni à trop ordonner les idées. Toutes les catégories ne sont pas forcément abordées. Ça dépend des personnages et de ce que je juge utile de savoir à leur sujet pour bien les cerner ( parce que, bon, franchement, la vie sexuelle des parents de Ruby, je m'en fous pas mal)
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 Ruby Burns :

Ruby à seize ans au début de l'histoire. Ses parents l'ont conçu pour qu'elle puisse sauver sa soeur ainée en lui donnant son cordon ombilical, mais elle est née quelques jours trop tard. Sa famille, déjà très modeste avant, a été ruinée par la maladie de sa soeur. Ses parents ont cumulé les petits boulots pour réussir à éponger leur dette si bien que la petite fille à été très tôt livrée à elle-même. Même si ses parents ne l'ont jamais maltraité, elle a beaucoup souffert de leur absence. Il faut dire que ses parents ont eu du mal à se remettre de la perte de leur fille ainée et à exprimer leur affection à cette fillette renfermée qui leur rappelait tant celle qu'ils avaient perdue. Les parents de Ruby ont les valeurs des immigrants polonais : travail, religion... même si cela fait plusieurs générations qu'ils sont américains. Ils sont très conservateurs : mariage, famille, travail... Mamie Rose, la voisine, et la seule à avoir donné de l'affection à l'enfant. Vieille femme fantasque, elle lui a transmis son amour pour l'art et pour l'aventure. Ruby est donc une grande amatrice d'art, en particulier musique et dessin. Elle a en permanence son casque sur les oreilles et souvent un crayon à la main. Ce sont des activités solitaires qui lui permettent de s'isoler du monde, dont elle se sent de toute façon exclue. 

Ruby a toujours cru que ses parents lui en voulaient de ne pas avoir sauvé leur fille préférée. Elle a l'impression qu'ils ne l'ont jamais aimé. Petite, elle essayait d'être une petite fille modèle, de remplacer dans leur cœur leur fille disparue, surtout avec son père qu'elle admirait enfant ( d'où aussi son allure de garçon manqué) mais en grandissant, elle a abandonné et adopté l'attitude inverse. C'est une ado torturée, solitaire, en rébellion contre le monde entier et en particulier ses parents ou toute figure d'autorité. À l'école, comme à la maison, elle a souvent le sentiment d'être invisible , voire méprisée. Elle a une très mauvaise image d'elle-même. Elle se donne des allures de rebelles insensibles, mais au fond, elle est à fleur de peau. Le conflit se fait surtout avec sa mère. En effet, Ruby méprise (un peu) sa mère qui a été shootée aux médocs toute son enfance. Cela fait d'autant plus mal de voir que depuis la naissance de Lily, sa mère va mieux et a arrêté les médocs. Avec son père, c'est un peu différent. Elle aimerait vraiment lui plaire, mais lui reproche de ne jamais être à la maison et de ne pas s'intéresser à lui. Elle chérit avec beaucoup de tendresse les rares moments qu'ils ont passés ensemble quand elle était petite ( une fois elle a eu la grippe et son père, malade aussi, a pris quelques jours de congé pour s'occuper d'elle. Ils ont regardé du sport à la télé et elle s’est endormie contre lui. Ce sont les meilleurs souvenirs de son enfance)

Aspect physique : De longs cheveux roux, qui boucle et qu'elle laisse souvent libres sur ses épaules, tache de rousseur ( qu'elle déteste), yeux verts. Elle porte des tenues plutôt simples, jean, T-shirt, sweat, chaussure godillot militaire, parka kaki et son vieux sac à dos plein de messages aux blanco qu'elle traine partout. Elle fait très peu attention à son apparence physique. Son corps n'est qu'un morceau de chair dans lequel elle se sent prisonnière. Elle aimerait parfois s'en débarrasser, n'être plus qu'un esprit, aussi libre que l'air. Elle est plutôt mince, androgyne, même si elle ne fait pas le moindre régime. Elle porte un parfum bon marché à la vanille, parce que ça sent comme les gâteaux qu'elle faisait chez mamie Rose. Elle a une cicatrice sur la main, souvenir d'un jour où elle s'est brulée en voulant se faire à manger quand elle avait huit ans.

Son besoin central dans la vie est un besoin de reconnaissance et d'affection. Elle est prête à tout pour un semblant d'affection, mais en même temps, elle a tellement peur de se faire rejeter qu'elle n'ose pas aller vers les gens. Elle les repousse pour ne pas prendre le risque de se faire rejeter. Elle s'attache très vite, mais cela lui fait très peur. Elle essaye donc de se persuader qu'elle n'aime pas les gens et qu'elle est bien mieux seule. La seule personne à avoir réussi à briser sa carapace est Debbie, sa meilleure amie. Elles se sont rencontrées aux collèges. Même si Debbie est beaucoup plus extravertie que Ruby, elle cache au fond d'elle de nombreuses blessures. Elles partagent le même amour de liberté et la même rébellion. Leur relation est plutôt particulière. Debbie est bi et ne cache pas son attirance pour Ruby. Ruby, elle, fait semblant de ne rien voir de peur de perdre sa seule amie. À deux, elles ne font que des bêtises, et ont tendance à s'entraîner vers le bas. C'est la mort de sa sœur, avant même sa naissance qui a influencé toute la vie de Ruby. Elle se sent coupable de la mort de sa sœur et à l'impression d'être une bonne rien. Elle prend tout pour elle et comme elle parle très peu et encore moins des choses liées à la vie privée et aux sentiments ( ce sont les faibles qui parlent de leur sentiment) , cela fermente à l'intérieur jusqu'à ce qu'elle explose. Les circonstances mêmes de sa conception lui donnent l'impression de ne pas mériter de vivre. C'est une enfant non désiré qui a échoué au rôle auquel elle était destinée. L'éducation qu'elle a reçue, basé sur le fait que chacun à un rôle à jouer dans la société et doit s'y tenir ne fait qu'accentuer son sentiment d'être inutile. Pour combler ce vide, elle a besoin de se shooter à l'adrénaline régulièrement,  de sentir qu'elle est vivante, ce qui l'amène à prendre des risques inconsidérés. À une époque, elle se scarifiait, elle essaye d'arrêter, mais en ressent encore souvent le besoin. 

Elle va trouver en Samuel, une sorte d'alter ego. Chacun comblant le vide de l'autre. À part Debbie et mamie Rose, il sera la première personne à laquelle elle s'autorisera à s'attacher ce qui rendra d'autant plus difficile à accepter le fait qu'il mourra jeune et qu'il la laissera de nouveau seule. 

 Je mets ensuite ma liste de perso a jour, histoire de ne pas en oublier en route et de les retrouver plus facilement par la suite ( et pour les petites têtes comme moi, éviter que les persos secondaires changent de nom au milieu du roman).






C'est pour l'instant à cette étape que j'en suis ( j'ai presque fini, il me reste plus qu'un ou deux personnages à faire). C'est un travail plutôt long ( environ une heure par personnage), mais force est d'admettre que plus j'avance, plus mon histoire s'étoffe. Si à la fin de l'étape 1, j'avais une bonne idée de ce qui devait se passer dans mon roman, j'en sais maintenant beaucoup plus sur comment et pourquoi cela va se faire. Je ne peux que vous conseiller cette étape, même si vous n'êtes pas des adeptes des plans. Et dire que pendant des années, j'ai trouvé cette étape inutile et ennuyeuse. Peut-être parce que j'essayais de remplir des fiches bien définies et stéréotypées qui bridaient mon imagination. En tout cas, c'est une façon de faire que je vais garder. 

La prochaine fois nous parlerons des décors de votre histoire. 



Je rappelle vite fait le principe de ce rendez-vous initié par Mallou et repris par Galleane. Le but est simple, se retrouver chaque semaine  pou parler de nos lectures passées, en cours et à venir.

Il s'agit de  répondre à ces trois questions :

1. Qu'ai-je lu dernièrement ?

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

1. Qu'ai-je lu dernièrement ?

Cherub, tome 4, Chute libre, Robert Muchamore


Résumé :

En difficulté avec la direction de Cherub, l'agent James Adams, 13 ans, est envoyé dans un quartier défavorisé de Londres pour enquêter sur les activités obscures d'un petit truand local. Mais cette mission sans envergure va bientôt mettre au jour un complot criminel d'une ampleur inattendue.

Une affaire explosive dont le témoin clé, un garçon solitaire de 18 ans, a perdu la vie un an plus tôt.



Une lecture sympa, sans surprise. Ce tome 4 est tout à fait dans la lignée des précédents. Une écriture agréable, des personnages attachants et des histoires pleines d'aventure, Robert Muchamore fait partie des auteurs jeunesse que j'apprécie. 

Je m'appelle Mina et j'adore la nuit, David Almond


Je m'appelle Mina par Almond" Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue..."


Résumé :

Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur. C'est d'amitié et de la liberté que nous parle Mina. Écrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde ?


Un véritable coup de cœur pour se roman qui ne ressemble à aucun autre. Chronique ici.

J'ai 14 ans et je suis détestable, Gudule



Résumé :
Marre. Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. Je déteste les miroirs. Je me déteste. J'ai 14 ans et je suis détestable. "








Une autre excellente surprise. J'avais déjà lu du Gudule, mais dans des œuvres plus adultes. J'étais assez curieuse de voir ce que cela donnerait en jeunesse. Et je n'ai pas été déçu. Un très beau livre, très court aussi ( lu en moins d'une heure), qui parle avec justesse des troubles de l'adolescence. Pour en savoir plus, consulter ma chronique ici

2. Que suis-je en train de lire ?

La guerre des démons, tome 1, La légion de la terreur, Raymond E.Feist


La Guerre des démons, Tome 1 : La légion de la terreur par Feist
Résumé : 

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir. Pug et les membres du Conclave s’apprêtent à affronter l’invasion de ces elfes impitoyables. Mais très vite ils s’aperçoivent que la menace ne vient pas des Taredhels mais de la légion démoniaque qui les poursuit…




La théorie de la relativité, Barbara Haworth-Attard 


Résumé :

Le jour de ses seize ans, Dylan est mis à la porte par sa mère. Sans toit ni ressources, il apprend à vivre dans la rue... II y a des règles à apprendre, des codes à comprendre: comment faire la manche, où trouver les foyers, quels gangs éviter...Une solidarité le lie à ses compagnons d'infortunes: Ambre, Twitch, la blonde et innocente Jenna. Malgré ces amitiés occasionnelles, la vie dans la rue est une longue descente aux Enfers pour Dylan, ponctuée de trahisons, de violences et de trafics. Mais quand s'arrêtera donc ce cauchemar ?




3. Que vais-je lire ensuite ?



Les terribles aventures du futur Capitaine Crochet par Hart






J'ai 14 ans et je suis détestable - Gudule - 3/5

Flammarion

Jeunesse

" Marre. Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. Je déteste les miroirs. Je me déteste. J'ai 14 ans et je suis détestable. "


Gudule est une auteure que je connaissais dans un style un peu plus adulte ( recueil de nouvelles, les filles mortes se ramassent au scalpel, pour ce que la référence intéresse). En tombant sur ce roman dans les rayonnages de la bibliothèque, j'ai eu très envie de voir ce qu'elle donnerait en jeunesse. Dans j'ai 14 ans et je suis détestable, j'ai retrouvé le style de Gudule, mélange de réalisme et de fantastique ( même si je dois avouer avoir préféré les filles mortes se ramassent au scalpel que j'avais vraiment adoré). L'écriture est incisive avec une pointe d'humour. Le roman se lit à une vitesse folle ( moins d'une heure pour moi). Un petit bémol pour les personnages qui manquent un peu de profondeur à mon goût en même temps, difficile de faire autrement avec un texte aussi court.
Dans ce livre, nous suivons les aventures de Léa. Mal dans sa peau et en conflit avec ses parents, rien ne va pour elle. Jusqu'à ce qu'elle décide de déménager au grenier où une énorme surprise l'attend. Un fantôme ! C'est la deuxième critique que j'aimerais soulever. Ni le titre ni le résumé n'indiquent qu'on a affaire à un roman fantastique. Connaissant l'auteur, j'aurais pu m'en douter, mais quand même.

Bref. Une lecture plutôt plaisante, pas prise de tête du tout, mais on est dans du roman jeunesse donc ce n'est pas anormale. Ce livre m'a redonné envie de me replonger dans l'oeuvre plus adulte de Gudule ( le club des petites filles mortes a rejoint ma PAL)


Je m'appelle Mina et j'adore la nuit - David Almond - 4/5

Editeur : Gallimard jeunesse

Roman jeunesse


" Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue..."

' Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur.
C'est d'amitié et de la liberté que nous parle Mina. Écrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde ? '



Difficile de parler de ce livre qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Différent des autres tant sur la forme que sur le fond. Je m'appelle Mina, c'est l'histoire d'une petite fille différente, une enfant hors du temps, hors du monde, et pourtant tellement ancré dans le réel. Ce qu'elle aime Mina, c'est jouer avec les mots, les faire danser, chanter sur les pages inventer des histoires, du rien, car pour Mina " les mots devraient flâner et vagabonder", "voler comme les chouettes" ou encore "se faufiler comme les chats.", quoi qu'en dise sa maîtresse. Car à l'école, les mots sont comme Mina : en cage.




Loin des salles de classe, c'est perché sur son arbre où elle passe la majeure partie de son temps, que Mina aime écrire dans son journal. Et c'est ce journal que nous livre David Almond, un journal où les mots grandissent, se dédoublent, noircissant les pages ou au contraire disparaissent complètement pour ne laisser que le vide. Très vite, l'auteur s'efface et il n'y a plus que Mina et son étrange conception du monde. 


J'ai été assez surprise au début par la forme du livre qui imite le journal d'une petite fille qui écrit tout ce qui lui passe par la tête. Sur certaines pages, les mots s'étalent en caractères immenses, d'autres, au contraire, sont laissés vides ou avec un seul mot écrit dessus en tout petit. La taille du texte, la police, la couleur des pages et même le type de narration changent au gré des humeurs de Mina. C'est un peu désarçonnant au début, mais très vite, on se laisse emporter cet univers où les mots sont vivants.
Ce livre nous parle avec poésie et originalité, de thème important comme la différence, le deuil ou encore la difficulté de grandir. Un joli coup de cœur que je vous conseille vivement, quel que soit votre âge.