A ce stade, vous êtes censé savoir à peu près ce qui va se dérouler dans votre roman, nous pouvons donc passer à l'étape suivante : les personnages.
(si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours aller faire un tour ici : planifier son roman #1)

Les personnages sont les pièces maîtresses d'une bonne histoire. Ce sont eux qui feront la richesse de votre roman. J'entends déjà certains me dire : oui, mais moi, j'écris des romans d'aventures/ de fantasy/de sf, les personnages, c'est secondaire, ce qui compte c'est l'action / l'univers. D'accord, c'est vrai, la personnalité des personnages et moins importante dans certains styles de roman que dans d'autres(je reviendrai là-dessus dans un prochain article), malgré tout, quelque que soit le genre dans lequel vous écrivez, n'oubliez pas que le suspense résulte en premier lieu de l'envie se savoir se qui va arriver aux personnages. Peu importe que votre roman raconte les aventures d'un  agent secret qui doit sauver le monde d'une invasion imminente d'extraterrestres ou d'une femme prisonnière d'une relation toxique qui l'empoisonne à petit feu, créez des personnages auxquels le lecteur s'attachera ( ou à la rigueur, détestera) et vous aurez fait la moitié du travail pour qu'il continue à lire ce que vous avez écrit. Ce sont vos personnages également qui vous donneront vos intrigues secondaires 

" Mon dieu, mais quand est-ce qu'il va se décider à l'embrasser !!! "

 Désolé, je m'égare. Revenons à nos personnages. Dans son livre, Élisabeth George nous conseille de commencer par une liste générique des personnages susceptible d'apparaître dans votre roman. À cette étape, ils n'ont pas forcément de nom, c'est plus des catégories de personnes ( l'assassin, la victime, sa famille, les policiers). Elle n'est pas forcément exhaustive.
Voilà celle que j'ai créée pour le pays des enfants parfaits. On retrouve bien évidemment Samuel et Ruby, les deux adolescents dont je vous ai parlé précédemment et leur entourage. 


Ensuite, on passe à la création des personnages à proprement parler. Il s'agit de rédiger une fiche aussi complète que possible sur chacun des personnages, en commençant bien sûr par leur trouver un nom. Écrivez tout ce qui vous passe par la tête à propos du personnage de son passé, de son physique, de sa personnalité. Laissez parler votre créativité sans chercher à trop organiser les choses. Vous êtes les maîtres de votre monde, profitez-en. Il sera toujours temps d'affiner et de trier toutes ses informations plus tard.

Voici une feuille de route pour vous aider, le but n'étant pas de compléter les blancs (remplir une fiche ne stimule pas la partie créative de votre cerveau), mais de vérifier qu'on n'a pas oublié de points importants et de relancer notre imaginaire en cas de panne d'inspiration :


  • Nom 
  • Age 
  • Taille 
  • Poids /constitution physique
  • lieu de naissance 
  • couleur des yeux/cheveux
  • particularité physique ( ex cicatrice, tâche de rousseur...)
  • Niveau d'étude
  • Sexualité
  • Meilleur ami
  • Ennemi
  • Famille
  • Besoin central
  • Démarche pathologique
  • Ambition dans la vie
  • Gestuelle en parlant
  • Plus fort trait de caractère
  • Défaut /qualité
  • Se moque de
  • Psychologie
  • Tendance politique
  • Hobby
  • Ce que les autres remarquent en premier à son sujet
  • Ce que le personnage fait quand il est tout seul
  • Le lecteur aimera-t-il ou détestera-t-il ce personnage
  • Le personnage change-t-il au cours de l'histoire et comment ?
  • Événement significatif qui a formé le personnage
  • Événement significatif qui illustre sa personnalité

Je voudrais aborder plus précisément certains éléments de cette liste qui me semblent essentiels :
- Le nom : Il représentera souvent le premier indice que rencontra le lecteur pour cerner votre personnage. Il doit être révélateur de son rang social et en adéquation avec l'image de lui que vous voulez donner au lecteur ( sauf si vous voulez l'entraîner sur une fausse piste)

- Le besoin central : Si comme moi, vous n'êtes pas psy et que vos cours de philo commencent à dater un peu, vous vous demandez sans doute " qu'est ce que c'est exactement que ce truc-là ?" Comment vous expliquer ça sans entrer dans la psychologie à deux balles ? Nous avons tous des besoins fondamentaux, sur lesquels toute notre vie nous basons l'essentiel de notre comportement. C'est quelque chose de fondamental chez l'être humain, une pulsion irrésistible qui peut, si elle n'est pas assouvie, entraîner de gros problèmes psychopathologiques. Vous me suivez ? Non. Essayons de faire plus simple. Le comportement de chacun est dicté par un certain nombre de motivations : je veux avoir une bonne note au contrôle de demain, je révise ; j'ai envie de perdre du poids, j'évite de me jeter sur le pot de Nutella qui me fait les yeux doux sur l'étagère. Ce sont de motivations évidentes et compréhensibles par tous. D'autres sont ancrés profondément en nous. Elles nous sont propres, et font que face à une situation donnée, nous ne réagissons pas de la même manière que notre voisin. Ce sont elles qui indiquent quels sont nos besoins centraux. Je citerai par exemple le besoin de réussir tout ce qu'on entreprend, de faire son devoir, d'appartenir à un groupe, d'authenticité, d'avoir raison à tout prix... Ce premier point nous amène directement au suivant, la démarche pathologique

Résultat de recherche d'images pour "fruit basket  kyos'enerve"
- La démarche pathologique : Encore un terme compliqué, mais cette fois-ci, c'est plutôt simple à expliquer. La démarche pathologique, c'est ce que fait le personnage quand il est sous pression, notamment quand on cherche à contrarier l'assouvissement de son besoin central. Prenons l'exemple de quelqu'un dont le besoin central est la recherche permanente de l'excitation. Maintenant, enfermons-le plusieurs heures dans une salle de classe face à un prof ennuyeux à mourir (petit rire sadique !). Sa seule envie est de sortir dehors se défouler. Oui, mais il ne peut pas. Il doit rester sagement assis à écouter ce fichu cours. Plus le temps passe, plus son angoisse ( ou son énervement ) va croissant, et quand il arrive au point de rupture, et bien, il explose. La manifestation de son énervement se traduira de manière similaire à son besoin vital, de manière explosive, contrairement à quelqu'un qui recherche l'excellence et pour qui exploser est un signe de faiblesse. Quelques exemples de manifestations pathologiques : les hallucinations, les addictions, le déni, l'hypocondrie, le repli sur sois-même, un comportement violent envers les autres ou envers sois-même.

- Un autre élément vital de l'analyse de caractère est le récit d'un événement du passé qui a eu un fort impact sur lui. Il est probable que cet événement n'apparaîtra pas dans le roman, surtout pour les perso secondaires, mais le fait de le connaître influera sur notre façon de percevoir le personnage, et contribuera à lui donner une existence. Notre passé fait partie de nous, ne pas en donner à votre personnage, c'est créer une coquille vide. 


Je vous mets en exemple la fiche que j'ai créée pour Ruby, l'un de mes personnages principaux. Je vous la laisse telle quelle. Elle est exactement comme ça dans mon fichier de note. Je m'excuse d'ailleurs d'avance pour les fautes que ce texte doit probablement contenir. Vous remarquerez également que je note les choses comme elle me vienne, sans chercher à faire de belles phrases ni à trop ordonner les idées. Toutes les catégories ne sont pas forcément abordées. Ça dépend des personnages et de ce que je juge utile de savoir à leur sujet pour bien les cerner ( parce que, bon, franchement, la vie sexuelle des parents de Ruby, je m'en fous pas mal)
Afficher l'image d'origine

 Ruby Burns :

Ruby à seize ans au début de l'histoire. Ses parents l'ont conçu pour qu'elle puisse sauver sa soeur ainée en lui donnant son cordon ombilical, mais elle est née quelques jours trop tard. Sa famille, déjà très modeste avant, a été ruinée par la maladie de sa soeur. Ses parents ont cumulé les petits boulots pour réussir à éponger leur dette si bien que la petite fille à été très tôt livrée à elle-même. Même si ses parents ne l'ont jamais maltraité, elle a beaucoup souffert de leur absence. Il faut dire que ses parents ont eu du mal à se remettre de la perte de leur fille ainée et à exprimer leur affection à cette fillette renfermée qui leur rappelait tant celle qu'ils avaient perdue. Les parents de Ruby ont les valeurs des immigrants polonais : travail, religion... même si cela fait plusieurs générations qu'ils sont américains. Ils sont très conservateurs : mariage, famille, travail... Mamie Rose, la voisine, et la seule à avoir donné de l'affection à l'enfant. Vieille femme fantasque, elle lui a transmis son amour pour l'art et pour l'aventure. Ruby est donc une grande amatrice d'art, en particulier musique et dessin. Elle a en permanence son casque sur les oreilles et souvent un crayon à la main. Ce sont des activités solitaires qui lui permettent de s'isoler du monde, dont elle se sent de toute façon exclue. 

Ruby a toujours cru que ses parents lui en voulaient de ne pas avoir sauvé leur fille préférée. Elle a l'impression qu'ils ne l'ont jamais aimé. Petite, elle essayait d'être une petite fille modèle, de remplacer dans leur cœur leur fille disparue, surtout avec son père qu'elle admirait enfant ( d'où aussi son allure de garçon manqué) mais en grandissant, elle a abandonné et adopté l'attitude inverse. C'est une ado torturée, solitaire, en rébellion contre le monde entier et en particulier ses parents ou toute figure d'autorité. À l'école, comme à la maison, elle a souvent le sentiment d'être invisible , voire méprisée. Elle a une très mauvaise image d'elle-même. Elle se donne des allures de rebelles insensibles, mais au fond, elle est à fleur de peau. Le conflit se fait surtout avec sa mère. En effet, Ruby méprise (un peu) sa mère qui a été shootée aux médocs toute son enfance. Cela fait d'autant plus mal de voir que depuis la naissance de Lily, sa mère va mieux et a arrêté les médocs. Avec son père, c'est un peu différent. Elle aimerait vraiment lui plaire, mais lui reproche de ne jamais être à la maison et de ne pas s'intéresser à lui. Elle chérit avec beaucoup de tendresse les rares moments qu'ils ont passés ensemble quand elle était petite ( une fois elle a eu la grippe et son père, malade aussi, a pris quelques jours de congé pour s'occuper d'elle. Ils ont regardé du sport à la télé et elle s’est endormie contre lui. Ce sont les meilleurs souvenirs de son enfance)

Aspect physique : De longs cheveux roux, qui boucle et qu'elle laisse souvent libres sur ses épaules, tache de rousseur ( qu'elle déteste), yeux verts. Elle porte des tenues plutôt simples, jean, T-shirt, sweat, chaussure godillot militaire, parka kaki et son vieux sac à dos plein de messages aux blanco qu'elle traine partout. Elle fait très peu attention à son apparence physique. Son corps n'est qu'un morceau de chair dans lequel elle se sent prisonnière. Elle aimerait parfois s'en débarrasser, n'être plus qu'un esprit, aussi libre que l'air. Elle est plutôt mince, androgyne, même si elle ne fait pas le moindre régime. Elle porte un parfum bon marché à la vanille, parce que ça sent comme les gâteaux qu'elle faisait chez mamie Rose. Elle a une cicatrice sur la main, souvenir d'un jour où elle s'est brulée en voulant se faire à manger quand elle avait huit ans.

Son besoin central dans la vie est un besoin de reconnaissance et d'affection. Elle est prête à tout pour un semblant d'affection, mais en même temps, elle a tellement peur de se faire rejeter qu'elle n'ose pas aller vers les gens. Elle les repousse pour ne pas prendre le risque de se faire rejeter. Elle s'attache très vite, mais cela lui fait très peur. Elle essaye donc de se persuader qu'elle n'aime pas les gens et qu'elle est bien mieux seule. La seule personne à avoir réussi à briser sa carapace est Debbie, sa meilleure amie. Elles se sont rencontrées aux collèges. Même si Debbie est beaucoup plus extravertie que Ruby, elle cache au fond d'elle de nombreuses blessures. Elles partagent le même amour de liberté et la même rébellion. Leur relation est plutôt particulière. Debbie est bi et ne cache pas son attirance pour Ruby. Ruby, elle, fait semblant de ne rien voir de peur de perdre sa seule amie. À deux, elles ne font que des bêtises, et ont tendance à s'entraîner vers le bas. C'est la mort de sa sœur, avant même sa naissance qui a influencé toute la vie de Ruby. Elle se sent coupable de la mort de sa sœur et à l'impression d'être une bonne rien. Elle prend tout pour elle et comme elle parle très peu et encore moins des choses liées à la vie privée et aux sentiments ( ce sont les faibles qui parlent de leur sentiment) , cela fermente à l'intérieur jusqu'à ce qu'elle explose. Les circonstances mêmes de sa conception lui donnent l'impression de ne pas mériter de vivre. C'est une enfant non désiré qui a échoué au rôle auquel elle était destinée. L'éducation qu'elle a reçue, basé sur le fait que chacun à un rôle à jouer dans la société et doit s'y tenir ne fait qu'accentuer son sentiment d'être inutile. Pour combler ce vide, elle a besoin de se shooter à l'adrénaline régulièrement,  de sentir qu'elle est vivante, ce qui l'amène à prendre des risques inconsidérés. À une époque, elle se scarifiait, elle essaye d'arrêter, mais en ressent encore souvent le besoin. 

Elle va trouver en Samuel, une sorte d'alter ego. Chacun comblant le vide de l'autre. À part Debbie et mamie Rose, il sera la première personne à laquelle elle s'autorisera à s'attacher ce qui rendra d'autant plus difficile à accepter le fait qu'il mourra jeune et qu'il la laissera de nouveau seule. 

 Je mets ensuite ma liste de perso a jour, histoire de ne pas en oublier en route et de les retrouver plus facilement par la suite ( et pour les petites têtes comme moi, éviter que les persos secondaires changent de nom au milieu du roman).






C'est pour l'instant à cette étape que j'en suis ( j'ai presque fini, il me reste plus qu'un ou deux personnages à faire). C'est un travail plutôt long ( environ une heure par personnage), mais force est d'admettre que plus j'avance, plus mon histoire s'étoffe. Si à la fin de l'étape 1, j'avais une bonne idée de ce qui devait se passer dans mon roman, j'en sais maintenant beaucoup plus sur comment et pourquoi cela va se faire. Je ne peux que vous conseiller cette étape, même si vous n'êtes pas des adeptes des plans. Et dire que pendant des années, j'ai trouvé cette étape inutile et ennuyeuse. Peut-être parce que j'essayais de remplir des fiches bien définies et stéréotypées qui bridaient mon imagination. En tout cas, c'est une façon de faire que je vais garder. 

La prochaine fois nous parlerons des décors de votre histoire. 



Je rappelle vite fait le principe de ce rendez-vous initié par Mallou et repris par Galleane. Le but est simple, se retrouver chaque semaine  pou parler de nos lectures passées, en cours et à venir.

Il s'agit de  répondre à ces trois questions :

1. Qu'ai-je lu dernièrement ?

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
3. Que vais-je lire ensuite ?

1. Qu'ai-je lu dernièrement ?

Cherub, tome 4, Chute libre, Robert Muchamore


Résumé :

En difficulté avec la direction de Cherub, l'agent James Adams, 13 ans, est envoyé dans un quartier défavorisé de Londres pour enquêter sur les activités obscures d'un petit truand local. Mais cette mission sans envergure va bientôt mettre au jour un complot criminel d'une ampleur inattendue.

Une affaire explosive dont le témoin clé, un garçon solitaire de 18 ans, a perdu la vie un an plus tôt.



Une lecture sympa, sans surprise. Ce tome 4 est tout à fait dans la lignée des précédents. Une écriture agréable, des personnages attachants et des histoires pleines d'aventure, Robert Muchamore fait partie des auteurs jeunesse que j'apprécie. 

Je m'appelle Mina et j'adore la nuit, David Almond


Je m'appelle Mina par Almond" Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue..."


Résumé :

Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur. C'est d'amitié et de la liberté que nous parle Mina. Écrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde ?


Un véritable coup de cœur pour se roman qui ne ressemble à aucun autre. Chronique ici.

J'ai 14 ans et je suis détestable, Gudule



Résumé :
Marre. Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. Je déteste les miroirs. Je me déteste. J'ai 14 ans et je suis détestable. "








Une autre excellente surprise. J'avais déjà lu du Gudule, mais dans des œuvres plus adultes. J'étais assez curieuse de voir ce que cela donnerait en jeunesse. Et je n'ai pas été déçu. Un très beau livre, très court aussi ( lu en moins d'une heure), qui parle avec justesse des troubles de l'adolescence. Pour en savoir plus, consulter ma chronique ici

2. Que suis-je en train de lire ?

La guerre des démons, tome 1, La légion de la terreur, Raymond E.Feist


La Guerre des démons, Tome 1 : La légion de la terreur par Feist
Résumé : 

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir. Pug et les membres du Conclave s’apprêtent à affronter l’invasion de ces elfes impitoyables. Mais très vite ils s’aperçoivent que la menace ne vient pas des Taredhels mais de la légion démoniaque qui les poursuit…




La théorie de la relativité, Barbara Haworth-Attard 


Résumé :

Le jour de ses seize ans, Dylan est mis à la porte par sa mère. Sans toit ni ressources, il apprend à vivre dans la rue... II y a des règles à apprendre, des codes à comprendre: comment faire la manche, où trouver les foyers, quels gangs éviter...Une solidarité le lie à ses compagnons d'infortunes: Ambre, Twitch, la blonde et innocente Jenna. Malgré ces amitiés occasionnelles, la vie dans la rue est une longue descente aux Enfers pour Dylan, ponctuée de trahisons, de violences et de trafics. Mais quand s'arrêtera donc ce cauchemar ?




3. Que vais-je lire ensuite ?



Les terribles aventures du futur Capitaine Crochet par Hart






J'ai 14 ans et je suis détestable - Gudule - 3/5

Flammarion

Jeunesse

" Marre. Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. Je déteste les miroirs. Je me déteste. J'ai 14 ans et je suis détestable. "


Gudule est une auteure que je connaissais dans un style un peu plus adulte ( recueil de nouvelles, les filles mortes se ramassent au scalpel, pour ce que la référence intéresse). En tombant sur ce roman dans les rayonnages de la bibliothèque, j'ai eu très envie de voir ce qu'elle donnerait en jeunesse. Dans j'ai 14 ans et je suis détestable, j'ai retrouvé le style de Gudule, mélange de réalisme et de fantastique ( même si je dois avouer avoir préféré les filles mortes se ramassent au scalpel que j'avais vraiment adoré). L'écriture est incisive avec une pointe d'humour. Le roman se lit à une vitesse folle ( moins d'une heure pour moi). Un petit bémol pour les personnages qui manquent un peu de profondeur à mon goût en même temps, difficile de faire autrement avec un texte aussi court.
Dans ce livre, nous suivons les aventures de Léa. Mal dans sa peau et en conflit avec ses parents, rien ne va pour elle. Jusqu'à ce qu'elle décide de déménager au grenier où une énorme surprise l'attend. Un fantôme ! C'est la deuxième critique que j'aimerais soulever. Ni le titre ni le résumé n'indiquent qu'on a affaire à un roman fantastique. Connaissant l'auteur, j'aurais pu m'en douter, mais quand même.

Bref. Une lecture plutôt plaisante, pas prise de tête du tout, mais on est dans du roman jeunesse donc ce n'est pas anormale. Ce livre m'a redonné envie de me replonger dans l'oeuvre plus adulte de Gudule ( le club des petites filles mortes a rejoint ma PAL)


Je m'appelle Mina et j'adore la nuit - David Almond - 4/5

Editeur : Gallimard jeunesse

Roman jeunesse


" Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue..."

' Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur.
C'est d'amitié et de la liberté que nous parle Mina. Écrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde ? '



Difficile de parler de ce livre qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Différent des autres tant sur la forme que sur le fond. Je m'appelle Mina, c'est l'histoire d'une petite fille différente, une enfant hors du temps, hors du monde, et pourtant tellement ancré dans le réel. Ce qu'elle aime Mina, c'est jouer avec les mots, les faire danser, chanter sur les pages inventer des histoires, du rien, car pour Mina " les mots devraient flâner et vagabonder", "voler comme les chouettes" ou encore "se faufiler comme les chats.", quoi qu'en dise sa maîtresse. Car à l'école, les mots sont comme Mina : en cage.




Loin des salles de classe, c'est perché sur son arbre où elle passe la majeure partie de son temps, que Mina aime écrire dans son journal. Et c'est ce journal que nous livre David Almond, un journal où les mots grandissent, se dédoublent, noircissant les pages ou au contraire disparaissent complètement pour ne laisser que le vide. Très vite, l'auteur s'efface et il n'y a plus que Mina et son étrange conception du monde. 


J'ai été assez surprise au début par la forme du livre qui imite le journal d'une petite fille qui écrit tout ce qui lui passe par la tête. Sur certaines pages, les mots s'étalent en caractères immenses, d'autres, au contraire, sont laissés vides ou avec un seul mot écrit dessus en tout petit. La taille du texte, la police, la couleur des pages et même le type de narration changent au gré des humeurs de Mina. C'est un peu désarçonnant au début, mais très vite, on se laisse emporter cet univers où les mots sont vivants.
Ce livre nous parle avec poésie et originalité, de thème important comme la différence, le deuil ou encore la difficulté de grandir. Un joli coup de cœur que je vous conseille vivement, quel que soit votre âge. 






Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler un peu de méthode d'écriture. J'ai écrit les deux premiers tomes de ma série l'apprentissage du sang au feeling, sans plan ni liste de personnages. Les choses se sont mises en place toute seule, au fur et à mesure. Cette façon de faire, même si elle a marché pour moi, présente plusieurs désavantages : 

- Le premier, un fort risque de blocage. Le problème dans le fait d'écrire à l'instinct c'est que l'on ne sait pas où l'on va et il y a des moments où l'on peut se retrouver désemparé devant sa feuille blanche (ou son traitement de texte vierge) sans savoir comment continuer. Pour l'apprentissage du sang, le problème ne s’est pas vraiment posé, car l'histoire mûrissait dans ma tête depuis plusieurs années. De plus, l'écriture s'est étalée sur une longue période par manque de temps (Ah la joie des années prépa où notre vie se résume à bosser, encore bosser, toujours bosser). Je pouvais donc passer des semaines à ressasser les scènes qui allait suivre, alors une fois devant mon ordinateur, les mots ne demandaient qu'à sortir.

 - Ensuite, un gros travail post-écriture. Et oui, petit message aux paresseux, dont je fais partie, qui trouve que planifier est long, laborieux et rébarbatif : ne pas le faire l'est tout autant. Ecrire un roman, c'est du boulot, qu'elle que soit la façon dont on s'y prend. Ce n'est donc pas un critère de choix. Pour en revenir à mon cas, le premier jet des deux premiers tomes faisait en tout et pour tout 40 000 mots (la version actuelle du 1er tome en fait presque 80 000 mots). C'était une sorte de plan détaillé. Les personnages étaient assez vides, car je n'avais pas défini leur personnalité à l'avance, il n'y avait pas non plus d'intrigue secondaire. Bref, c'était assez nul. Tout ça est venu pendant la réécriture. Je ne sais pas trop si ce souci venait de mon inexpérience ou de l'absence de préparation, mais avec le recul, je pense que j'aurais gagné du temps et sans doute trouvais d'autres pistes de développement en y réfléchissant un peu plus avant de me lancer. 

 Soyons bien clairs, je suis fier du résultat obtenu avec mon premier roman. J'ai juste envie de tester une nouvelle façon de travailler. Après tout, il n'y a que les fous qui ne change pas d'avis et le seul moyen de trouver la façon de travailler qui nous convienne le mieux et d'en essayer plusieurs. De plus, j'aime avoir des projets à divers stade d'avancement pour éviter de me retrouver bloqué et pouvoir varier les activités (rédaction, recherche...) En ce moment, les moments d'écriture sont presque exclusivement consacrés à la suite de l'apprentissage du sang alors autant profiter de ce temps pour préparer correctement mon autre projet. L'autre raison à ce changement de méthodologie est que si l'idée de base me plaît toujours autant, je ne suis pas satisfaite de ce que j'ai écrit jusque-là. Les personnages manquent de profondeur et j'ai l'impression d'aller droit dans le mur. J'ai besoin de prendre un peu de recul pour donner à cette histoire tout le potentiel qu'elle mérite.


Résultat de recherche d'images pour "elisabeth georges mes secrets d'écrivain"
Donc pour la première fois de ma vie, je vais tenter de planifier mon roman avant de commencer à l'écrire. Pour cela, j'ai décidé de suivre les conseils que donne Elisabeth George dans son livre, mes secrets d'écrivain, du moins dans les grandes lignes parce que suivre un mode d'emploi à la lettre, moi, ce n'est pas mon truc. Je suis tombée sur ce livre à la bibliothèque et même si je m'étais juré d'arrêter les livres qui veulent nous apprendre à écrire, je me suis laissé tenter. Je dois l'avouer, à part celui-là, je n'ai jamais lu un seul bouquin d'Elisabeth George. Elle écrit des romans policiers, genre auquel je suis assez hermétique. Mais ses conseils m'ont bien plus. Sa façon de travailler ressemble assez à la méthode des flocons dont on entend pas mal parler en ce moment et dont je m'inspire un peu aussi.

 Donc après tout ce blabla, voici la méthode Elisabeth George/flocon à ma sauce, du moins le début, je vous présenterai tout ça au fur et à mesure de mon avancement. 

Résultat de recherche d'images pour "flocon de neige"

Etape 1 :  Idée et développement


Cette étape revient dans les deux méthodes et c'est plutôt logique. Avant toute chose, il faut avoir une idée, même vague de sur quoi on veut écrire. Pour le flocon de neige, comme pour Elisabeth George, on part d'une idée toute simple qui peut tenir en une phrase. C'est ce qu'on appelle "l'accroche". Elle pourra vous resservir par exemple pour mettre au début de la lettre que vous enverrez aux éditeurs.  De préférence, cette idée doit contenir au moins un de ces trois éléments : l'élément déclencheur qui va mettre toute la mécanique en mouvement, l'intrigue constituée d'un début, du milieu et de la fin, ou une situation énigmatique qui va mettre en confrontation un éventail de personnages. Moi, j'étais plutôt dans le troisième cas de figure, même si, je dois l'avouer, j'ai un peu sauté cette étape.

 (Je vous avez prévenu que j'ai du mal à suivre une méthode à la lettre)

 En effet, j'avais déjà pas mal réfléchi au sujet avant de commencer cette méthode et puis de toute façon, les idées me viennent toujours avec une situation de départ déjà bien définie et les personnages principaux. Ce sont eux qui me donnent mon histoire. Comme j'ai sauter cette étape, je vous donnerez un exemple tiré du livre d'Elisabeth George

" La fille illégitime d'une MP (membre du parlement) en qui les médias et le monde politique voit la nouvelle Margaret Thatcher est enlevé"

Le but est ensuite de développer cette idée de départ, d'en faire un scénario le plus original et le plus élaboré possible. Dans mon cas, au départ, j'avais une idée, mais pas véritablement d'histoire. Je savais que mon histoire mettrait en scène deux personnages principaux, Ruby et Samuel, des adolescents, que Ruby était en conflit avec ses parents qu'elle soupçonnait de ne l'avoir jamais aimé, que Samuel souffrait d'une maladie à cause de manipulations génétiques subies avant sa naissance qui n'avait pas donné les résultats escomptés et qu'il était obligé de se cacher dans les souterrains pour éviter ceux qui voulaient le faire disparaître pour cacher leur erreur. Et c'est à peu près tout. J'avais donc presque tous les éléments pour écrire le début, mais la suite nada, le blanc total.

Résultat de recherche d'images pour "ecrivain feuille blanche"
Je me suis donc posé pour réfléchir aux principaux développements de l'histoire ? Comment ces deux-là allaient-ils se rencontrer ? Quelles conséquences entraînerait leur rencontre ? Qui était les personnes qui voulaient du mal à Samuel ? D'autres personnes étaient-elles au courant de son secret ? Si oui, comment et qu'est-ce qu'elle allait en faire ? L'objectif est d'arriver à un gros paragraphe (voir un peu plus, à mon sens une page n'est pas de trop) décrivant la situation initiale, l'élément déclencheur et la résolution du problème. Attention, ce paragraphe n'est pas une quatrième de couverture. Il doit dévoiler toute l'histoire, raison pour laquelle je ne vous l'ai pas mis ici. 

À la fin de cette étape, vous devez savoir dans les grandes lignes ce qui va se passer dans votre roman. Nous pouvons donc passer à l'étape suivante, le peuplement de notre histoire, que je vous présenterais la semaine prochaine. 
Résultat de recherche d'images pour "oiseau qui s'envole plume"