samedi 3 octobre 2015

Liberté, chapitre 1 (deuxième partie)







Le premier garde ne comprit pas ce qui lui arrivait. Il vit juste une fine silhouette se jeter devant lui, avant que son cheval se cabre, le projetant à terre. L'instant d'après, une pluie de pierres tomba du toit. Le prince Aisling jura et dégaina la rapière qu'il portait à la ceinture. D'un geste, il indiqua aux soldats qui l'entouraient de se rassembler autour du chariot. Autour d'eux, la bataille ne tarda pas à faire rage. Leurs ennemis les dépassaient en nombre et semblaient se fondre dans l'obscurité. Il regretta de ne pas avoir pris plus d'hommes. On l'avait pourtant prévenu que la cité de Cahadh grouillait de voleurs et de rebelles. Ils ne craignaient pas trop la première catégorie. Il fallait être drôlement culotté pour attaquer une troupe de soldats de l'Empire. La seconde était plus dangereuse, car ils n'avaient rien à perdre. L'empire était impitoyable avec ceux qui défiaient son autorité. Pour les inconscients qui s'y risquaient, il valait presque mieux mourir au combat que de se faire capturer. Les mines du pays regorgeaient de jeunes gens qui s’étaient crus plus forts que l'empereur. Ceux-ci ne survivaient jamais très longtemps.

Cahadh, la rebelle. Cahadh l'insoumise. Cela faisait plus de cinquante ans que la cité état était tombée sous le joug de l'Empire, et pourtant, la rébellion ne faiblissait pas. Sa jeunesse continuait à se battre et mourir au nom d'une liberté qu'elle n'avait jamais connue. C'était sans doute la raison qui avait poussé son grand-père à l'envoyer, lui, un prince de l'empire, diriger des troupes dans ce trou à rat perdu à la frontière sud du territoire. Car si la cité avait été prospère, il ne restait plus grand-chose de sa gloire passée. Les magnifiques bâtiments qui faisaient autrefois sa fierté avaient été pillés par ses propres habitants. Les mêmes qui disaient se battre pour préserver la dignité de la ville en déclin. Foutaise. Cahadh n'était plus qu'un immense tas de ruines. Les habitations branlantes des bas-fonds se multipliaient à une vitesse effarante, à l'image des pauvres âmes qui y vivaient. Si seulement ses idiots arrivaient à comprendre que cette décadence était uniquement leur faute. En refusant toutes les merveilles que l'Empire avait à leur offrir, ils sautaient eux-mêmes au fond du gouffre, entraînant tous leurs concitoyens avec eux. Et cela, l'empereur ne pouvait pas le permettre. À lui, maintenant de le satisfaire en faisant rentrer la cité déchue dans le rang.

Pour accomplir cette mission, le prince avait emmené avec lui une partie de sa garde personnelle, des soldats d'élite, rompu aux maniements des armes avec lesquels il s’entraînait tous les jours. Pourtant, ces guerriers expérimentés semblaient rencontrer des difficultés. Difficile de se battre contre des ombres. Aisling scruta l'obscurité pour essayer de mieux voir ce qui se passait à l'avant du convoi. Un mouvement sur le toit d'un des bâtiments qui bordaient la rue attira son attention. Il eut juste le temps d'apercevoir une silhouette avant que celle-ci disparaisse. Les ennemis avaient donc posté une partie de leurs hommes en hauteur. Voilà ce qui expliquait la pluie de cailloux.

Les yeux braqués sur les toits, Aisling ne vit pas l'ombre qui se glissait entre les chevaux, son petit couteau à la main. D'un geste vif, le garçon trancha les lanières qui maintenaient la selle du prince en place. Le morceau de cuir glissa, entraînant l'homme avec elle. Au moment où il tombait, Aisling aperçu le gamin passait au cavalier suivant et répétait l'opération. Il fut choqué par la jeunesse du combattant. Ce n'était qu'un môme !

Il heurta durement le sol, maudissant l'architecte qui avait trouvé intelligent de paver la rue. Cela faisait un mal de chien. Mentalement, il vérifia qu'il n'avait rien de cassé. OK. Tout semblait fonctionner correctement. Il se releva d'un bond et jeta un coup d’œil au chariot qu'il était censé protéger. Plus aucun homme ne le défendait. Leurs ennemis avaient réussi à les en éloigner. Le cocher gisait à terre, sans doute mort. Plusieurs silhouettes en haillons avaient pris sa place. Un nuage se déplaça et la lune éclaira la scène de sa lumière blanche. Une fois de plus, le prince fut étonné par les traits juvéniles de leurs assaillants. Eux, des soldats de l'Empire, commandés par un membre de la famille impériale, étaient en train de se faire tourner en ridicule par une bande de gamins des rues. Cela dépassait l'entendement. S'ils perdaient, son honneur serait terni à jamais.


 Déjà, le chariot s'éloignait, mené d'une main experte par les jeunes voleurs. A les voir, Aisling comprit que c'était loin d'être la première fois qu'il faisait ça. Par tous les dieux, pourquoi le capitaine du guet ne l'avait pas mis au courant ? On lui avait parlé d'acte de rébellion isolé, de noble rançonné et de marchands qui refusaient de payer leur impôt. La situation était bien plus grave. Il regarda autour de lui. Ses gardes s’étaient déployées autour de lui, empêchant les ennemis de l'attaquer. Il jura de nouveau. Il était un guerrier. Ce n'était pas lui que ces hommes devaient protéger, mais le chariot qui venait de disparaître dans la ruelle adjacente. Il fit signe aux soldats les plus proches de le suivre, mais deux jeunes assaillants se jetèrent sur eux. Le prince pesta et se lança seul à la poursuite des voleurs.  

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Image trouvée ici ; http://www.deviantart.com/art/Medieval-City-7317067

2 commentaires:

  1. Je vais peut-être un peu chipoter, mais c'est fait exprès pour voir ce qu'on peut améliorer.
    Je n'aime pas trop ce bout là:

    Il eut juste le temps d'apercevoir une silhouette avant que celle-ci disparaisse. Les ennemis avaient donc posté une partie de leurs hommes en hauteur. Voilà ce qui expliquait la pluie de cailloux.

    Rien que le fait qu'il y ait une pluie de cailloux, ça ne devrait pas être suffisant pour qu'il comprenne qu'il y a des gens sur les toits ?

    Le Ok un peu plus loin n'est pas vraiment nécessaire. Enlève-le, tu verras qu'il n'ajoute rien au paragraphe.

    Bon, à part ça, j'aime beaucoup plus cette partie que la première. La mise en perspective est intéressante. Pour ce qui est de l'histoire en elle-même j'attends de voir la suite pour savoir s'il y a des choses à améliorer. Continue!

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  2. salut,
    Chipote autant que tu veux, c'est comme ça qu'on progresse.
    Merci,

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