samedi 21 janvier 2017

Sur mes étagères : Le printemps des barbares de Jonas Lüscher

Le printemps des barbares, Jonas Lüscher

Edition : Autrement

Genre : Littérature















Résumé : 

" Il y avait eu des signes avant-coureurs la veille au soir, des barbares mais durant la nuit la situation s'était encore aggravée. Pendant que Preising dormait, l'Angleterre sombrait. »Amateur de pantalons en velours et de mocassins rutilants, Preising n'a guère l'âme d'un aventurier. Dans un luxueux club au coeur du désert tunisien, le voici contraint de côtoyer une horde de traders londoniens venus célébrer un mariage dans une débauche d'alcool et d'argent. Au lendemain d'une nuit de fête, la panique se propage à la vitesse de l'éclair : la Grande-Bretagne aurait fait faillite. Soudain ruinés, les golden boys perdent toute retenue. Du maître-nageur aux dromadaires, nul n'échappe à leur folie destructrice. Conte philosophique, roman de la crise économique, comédie de moeurs, Le Printemps des barbares est avant tout une formidable satire de notre époque."

Premier roman de Jonas Lüscher, jeune auteur suisse, le printemps des barbares, se présente comme un conte philosophique moderne. 

J’avais pas mal d’attente envers ce roman, couronné du prix Franz Hessel en 2013. Le concept de départ, un conte moderne et cruel dénonçant notre société ultralibéraliste m’avait séduite, mais j’ai trouvé le résultat plutôt décevant. Je m'attendais à quelque-chose qui ressemblerait un peu à du Jean Teulé qui est capable de nous raconter les pires travers de l'humanité avec son style incisif et son humour noir. On en est très loin.

 A mon sens, le plus gros problème de ce roman, c'est son manque de rythme. C'est simple. Il ne se passe rien. Le style est assez ampoulé et les digressions perpétuelles de Preising ralentissent énormément l'action. On passe les deux tiers du roman à attendre une crise qui est finalement bien vite menée et assez loin du déchaînement de violence promis dans le résumé. La narration elle-même est très spéciale avec un narrateur qui nous raconte une histoire qu'un autre personnage, Preising en l’occurrence, lui a racontée. 

Le personnage de Preising, véritable candide des temps modernes, est intéressant, mais son profond détachement vis-à-vis de la situation qu’il raconte, m’a empêché de m’investir émotionnellement dans l’histoire. On peut tout de même reconnaître à l’auteur le mérite de pousser le lecteur à réfléchir sur nos sociétés ultras capitalistes, car les évènements narrés dans ce roman, quoique fictionnels, n’en sont pas moins plutôt réaliste. Malgré tout, à l’instar de Preising, l’auteur se contente de constater sans réellement apporter d’éléments nouveaux au débat. Les derniers mots du narrateur à la fin du livre résument plutôt ce constat :

 « Et qu’avait-il prouvé par là ? Avec cette histoire triste et pleine de tragiques hasards ? Une histoire qui ne délivre aucun enseignement. »

Bref, vous l'aurez deviné, je ne vous recommande pas particulièrement ce livre. Après, ce n'est que mon avis personnel, d'autres le trouveront peut-être génialissime. Pour ne rester sur une note négative, voici quelques titres qui me viennent à l'esprit en pensant à ce livre et que je vous conseille vivement :



Mangez-le si vous voulez, Jean Teulé


Nul n'est à l'abri de l'abominable.
Nous sommes tous capables du pire!
Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-possible?
Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?






American Gods, Neil Gaiman ( Mon avis)

" Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d'immigrants, ils pensaient trouver un territoire à la mesure de leurs ambitions. Peu à peu, cependant, leurs pouvoirs ont décliné : Anubis - l'ancien dieu des morts égyptien - en est réduit à travailler dans une entreprise de pompes funèbres ! Et de nouvelles idoles - cinéma ou Internet - se sont imposées. C'est pourtant un humain, Ombre, qui se retrouve au cœur d'un conflit titanesque : à peine sorti de prison, découvrant que sa femme est morte et que son meilleur ami était son amant, il accepte un contrat aussi dangereux qu'étrange"



lundi 9 janvier 2017

Licence professionnelle Métiers du livre : Histoire d'une réorientation



Pour ce premier article de 2017, j’ai choisi d’aborder un sujet un peu différent de ce que j’aborde d’habitude sur ce blog, plus personnel même si ça reste dans le thème du livre.

Comme j’en ai parlé dans mon bilan de 2016, l’année dernière a été pour moi une longue période de remise en question et j’ai finalement décidé de me réorienter. J’avais envie de vous proposer cet article parce que la plupart d’entre nous ne vivront jamais de leur plume. Il nous faut donc nous trouver un emploi qui permettra de payer le loyer et de remplir le frigo. Et tant qu’à faire, autant en trouver un qui nous donnera envie de nous lever le matin. Le métier de bibliothécaire n’est pas forcément celui auquel on pense en premier. Personnellement, je ne savais même pas qu’il existait des études pour cela. Je souhaitais donc vous faire découvrir cette formation pas forcément très connue et qu’y gagnerait à l’être plus.

Découverte de la licence  et candidature

La plupart d’entre vous ne le savent sans doute pas, mais plus jeune je voulais devenir vétérinaire. Oui, j’ai une fâcheuse tendance à voir un peu haut. Tu veux faire quoi plus tard ? Écrivain ou vétérinaire. Of course. Juste deux des métiers les plus difficiles d'accès en France. Enfin bref, passons. Plutôt bonne élève, personne n’a cherché à me décourager ( contrairement à écrivain. Mais ça, c’est une autre histoire). Toute ma scolarité, on m’a conforté dans l’idée que rien ne m’était impossible. Ouais, je vous laisse imaginer le choc en arrivant en prépa. Grande désillusion. Non, je n’étais pas aussi intelligente et douée que je le pensais ou du moins, d’autres l’étaient beaucoup plus que moi. Obtenir le concours allait être beaucoup plus compliqué que je le croyais. Comme qui n’essaye rien n’a rien, j’ai quand même fait mes deux années de prépas et passé ce fameux concours. Que je n’ai pas eu. Tant pis, à la place, je suis entré en école d’ingénieur. C'était la suite logique. Sauf que ce n’était pas ce que je voulais faire. Il m’a fallu quelques mois pour m’en rendre compte. S’en est suivi une période d'intense réflexion sur ce que je souhaitais dans la vie : gagner beaucoup d’argent quitte à renoncer à ma passion et à consacrer tout mon temps à un métier qui ne me plaisait que moyennement, ou gagner moins et faire ce que j’aimais. Si la réponse est évidente ( du moins pour moi), la mise en pratique était un plus compliqué. Surtout qu’il faut l’assumer vis-à-vis de son entourage. C'est peut-être ça le plus dur : la pression sociale. Les gens ne comprennent pas forcément qu'on puisse renoncer à un avenir tout tracé pour quelque chose d'aussi futile qu'écrire 😉.

Pendant cette période, j’ai eu l’occasion de faire un stage en bibliothèque et là ce fut la révélation. C’était là qu'était ma place. Depuis toute petite, j'adore les bibliothèques. Je m’y suis toujours senti à ma place, entouré de livres,  mais je n’avais jamais songé à en faire mon métier. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ceci dit, j’étais bien embêté parce que je ne faisais pas du tout les bonnes études. Je me suis pourtant réinscrite en école d’ingénieur à la rentrée suivante. Sauf qu’aller en cours quand on sait que ce n’est pas ce qu’on veut faire, c’est un peu compliqué et mon manque de motivation se faisait ressentir sur mon moral. J’ai donc fini par chercher comment je pourrais me réorienter et j’ai découvert la licence pro métiers du livre. Ce n'est pas les seules études pour devenir bibliothécaire. Il y a aussi des DUT et une école, mais repartir pour un DUT quand on est niveau Bac +4, c’est un peu dur à avaler et le programme de l'école de correspondait pas exactement à ce que je cherchais.

Les métiers du livres, qu’est-ce que c’est ? Et bien, comme le nom l’indique, c’est tous les métiers qui touchent au monde du livre : bibliothécaire, éditeurs, libraires, documentaliste.... Chaque licence ( et DUT) a sa spécialité. Moi, je me suis spécialisé en bibliothèque qui est plutôt rare, la plupart concernent l’édition.

Donc, dès que j'ai découvert ces licences, je me suis dépêché de remplir les dossiers d’admission ( on était déjà en avril !) et j’ai croisé les doigts. À ce moment-là, je dois vous avouer que je stressais un peu. Avec ma formation scientifique, je ne me sentais pas forcément légitime. Peu de temps après, j’ai reçu un mail comme quoi j’étais reçu à l’oral à Paris. Gros soulagement et nouvelle montée de stress.

L’oral s’est très bien passé. Les examinateurs étaient très gentils et m’ont rassuré en expliquant qu’au contraire, mon double profil, à la fois littéraire et scientifique, était un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ils m’ont interrogé sur mon parcours, mon expérience en bibliothèque, mes attentes, mes objectifs professionnels. J’ai aussi eu le droit à une ou deux questions de mise en situation. Quelques jours plus tard, je recevais le mail me disant que j’étais prise. J’ai donc choisi ma passion pour les livres et arrêté mon école d’ingénieur.


La licence


Je vous passe le détail de la galère des inscriptions et de l’aménagement à Paris pour passer à ce qui nous intéresse, la licence.

Malgré les propos rassurants des examinateurs, j'angoissai un peu, ne me sentant pas entièrement légitime. J’avais peur de me retrouver entouré d’élève ayant un DUT métiers du livres et d’avoir un retard fou à rattraper. Par chance, je suis tombée sur la bonne licence, l’objectif des responsables de cette formation étant de former des étudiants de tous horizons pour en faire des professionnels des métiers du livre.  C’est, à mon sens, l’un des grands plus de cette licence. Si je reste la seule scientifique,  tout le monde à un parcours différent et donc des expériences à apporter aux autres. Les effectifs sont très réduits ( cette année, 12 élèves ont été sélectionnés) et l’ambiance est vraiment sympa.
Mais vous vous demandez sans doute ce qu’on y apprend dans cette licence. Et bien pas mal de choses. On y retrouve les enseignements assez classiques auxquelles on peut s’attendre : catalogage, politique culturelle, gestion des collections, anglais… mais aussi des thèmes beaucoup plus modernes : Réseaux sociaux, informatique, lien social et médiation... Ses cours et les bibliothèques que j'ai visités dans le cadre de ma formation ont vraiment fait évoluer ma vision du métier de bibliothécaire.


Donc si pour vous une bibliothécaire est une vieille dame avec un chignon qui passe son
temps à ranger des livres dans les rayons en faisant chuuuuuut dès que quelqu’un a l’audace de parler, sachez que vous êtes très loin du compte. La bibliothèque 2.0 est un troisième lieu, c’est à dire un lieu d’échange et de partage.




Le concept de troisième lieu

" Le troisième lieu, notion forgée au début des années 1980 par Ray Oldenburg, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, se distingue du premier lieu, sphère du foyer, et du deuxième lieu, domaine du travail. Il s’entend comme volet complémentaire, dédié à la vie sociale de la communauté, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. " L'exemple typique est le pub irlandais.

Source : enssib.fr


La bibliothécaire d’aujourd’hui ( bon par contre, ce cliché-là n'est pas tout à fait faux. C’est une profession qui reste assez féminine, même si justement, ces nouvelles thématiques invitent des profils différents à venir travailler en bibliothèque) n’a plus pour unique rôle de constituer et gérer des collections d’ouvrages. C’est avant tout une médiatrice ( ou un médiateur, n’oublions pas les garçons) de l’information, aussi à l’aise sur les réseaux sociaux, qu’avec des aiguilles à tricoter ou une manette de jeux vidéo.




Donc si vous cherchez un métier passionnant, aux multiples facettes, que vous aimez les livres, les gens, mais aussi la musique, le cinéma, les jeux vidéos, alors pensez au métier de bibliothécaire. Moi, en tout cas, je ne regrette pas mon choix et j’ai hâte que le stage commence.