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Voici Charles McGuffin.Ce n’est pas vraiment lui. C’est juste un dessin de lui. ÉVIDEMMENT. Si vous ne l’aviez pas deviné, ce livre risque d’être beaucoup trop compliqué pour vous et vous feriez probablement mieux d’aller lire Le Livre trop simple des histoires carrément fastoches pour les débilos profonds à la place.Charles McGuffin est comme vous et moi. Enfin, pas comme moi, parce que je suis grand et poilu, tandis que Charles est petit et plutôt lisse. Donc comme vous. Sauf qu’il a un vous-savez-quoi et j’imagine que la plupart d’entre vous qui lisent ces mots n’en ont pas. Bref, Charles est comme certains d’entre vous.

Résumé : 

Charlie a beau essayer de voir les choses du bon côté, il a 4 raisons d’être anxieux :
  • Son grand frère ( qui est à l’hôpital )
  • Ses parents ( eux-aussi très angoissés )
  • La brute de l’école qui adore s’en prendre à lui
  • Le fait qu’il est commencé à se TRANSFORMER EN ANIMAL !!!

Même si tous les enfants rêvent de posséder un superpouvoir, Charlie n’a aucune envie de se métamorphoser en poulet pendant le spectacle de fin d’année. Avec l’aide de ses trois meilleurs amis, il va devoir trouver un moyen de contrôler ce pouvoir complètement dingue !


Dylan Dubois - Martine Pouchain - 5/5 Coup de cœur février

Editeur : Sarbacane (2015)


Roman Jeunesse (a partir de 12 ans)

* commander sur Amazon : Dylan Dubois *

Résumé :

Après un an en foyer, Dylan, un garçon de 16 ans tendre et solitaire, rentre chez lui… où une surprise l’attend : son père a trouvé une remplaçante à sa mère, partie trois ans plus tôt.
A priori, Dylan n’a rien contre Cynthia, sa séduisante belle-mère. Sauf quand elle met son chien Rusty dehors « parce qu’elle ne supporte pas son odeur ». Et puis, Dylan ne comprend pas pour- quoi c’est elle qui fait la pluie et le beau temps dans la maison alors qu’elle passe ses soirées à se faire draguer dans les bars. Il ne comprend pas non plus pourquoi son père mute caniche dès qu’elle le siffle… Mais le pire, c’est quand il finit par comprendre. Cynthia n’est pas seulement une belle-mère désagréable et égoïste : c’est une veuve noire, une machine à diviser, à manipuler et démolir les autres. Là, il n’a plus qu’une issue : se tirer avec Rusty, direction la forêt, le seul endroit où il se sent en sécurité, pour aller voir si ailleurs a plus de sens qu’ici.


 
" Il faut être perdu, il faut avoir perdu le monde pour se trouver soi-même"  Henry David Thoreau

Dylan Dubois est un roman à la première personne dans lequel on suit les aventures de Dylan, personnage éponyme du roman. Dylan est un personnage à la fois un peu étrange et particulièrement attachant si bien qu'il est très agréable d'être dans sa tête. Il est très mûr pour son âge.  Sa situation est pourtant loin d'être facile. Placé en foyer après que sa mère l'ait abandonné et que son père se soit mis à noyer son chagrin dans l'alcool, à son retour, il se retrouve en quelque sorte étranger dans sa propre maison. En effet, son père à ramener une femme à la maison, et celle-ci entend bien faire la loi. C'est pourtant avec plein de bonne volonté, et prêt à toutes les concessions que Dylan s'accommode de la situation. Même si cela lui crève le cœur de devoir laisser son chien dehors, car sa belle-mère refuse qu'il mette une patte à l'intérieur, même s'il doit s'occuper de Pedro, l'insupportable petit garçon de madame, même si cela l'énerve de voir son père trimer comme un esclave pour satisfaire l'élue de son cœur, il ne dit rien. Sa grande maturité et ses centres d'intérêt pour le moins originaux pour un garçon de son âge, en font un garçon solitaire, à l'écart de la société. Sa vieille voisine, lui a transmis l'amour de la lecture, et de l'écriture, et son plus grand rêve est d'aller vivre en autarcie dans les bois avec son chien. Pourtant, ce sont bien les gens qui vont faire évoluer Dylan.

Les personnages sont la grande force de ce roman. Parfois atypiques, ils sont pourtant toujours criants de vérité. Que se soit la belle-mère manipulatrice, version moderne de la marâtre de conte de fées et le père qui "mute caniche quand elle le siffle" qui m'ont rappelés des situations vécues personnellement, le petit Pedro, gamin insupportable qui en réalité ne recherche qu'un peu d'attention et d'amour, Tobie, une jeune fille sourde qui débranche ses appareils quand la conversation ne l'intéresse plus et pour laquelle Dylan a bien du mal à définir les sentiments qu'il ressent, ou encore Gus le scientifique qui vit en ermite dans la forêt... Tous ont leurs histoires et apportent à Dylan une belle leçon de vie. Sous son allure de grand solitaire un peu asocial, Dylan est en réalité un être plein d'amour qui s'attache très facilement aux gens. Au fil de son périple, il va apprendre que la vie ce n'est pas uniquement les livres et les arbres, mais aussi les rencontres, l'amitié et l'amour. 
Le style est un savant mélange de langage familier et de poésie. L'auteur ponctue son texte de citation de grands auteurs, romanciers ou poète, de métaphores poétiques et de jurons.  Le rendu est assez original, bien que très naturel. Cela correspond très bien à la voix intérieure de Dylan et contribue à lui donner une réalité. 

En bref, j'ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman et cela dès le résumé. 


couverture

La théorie de la relativité -Barbara Haworth-Attard - 4/5

Editions Thierry Magnier

Roman Jeunesse










  

Rassurez-vous, malgré le titre trompeur, ce n'est pas d'un obscur traité sur les théories d'Einstein dont je vais vous parler, mais bien d'un roman jeunesse.
Dylan vit dans la rue et il a une théorie, une personne sur quatre lui donne de l'argent. Et comme toutes les bonnes théories, il faut la vérifier. Cela tombe bien, Dylan n'a que ça à faire depuis que sa mère l'a mis à la porte le jour de son seizième anniversaire.
Des théories comme ça, Dylan en a un paquet. Comme Einstein dont il découvre la bibliographie à la bibliothèque en essayant d'échapper au froid, son esprit est continuellement en mouvement. Malheureusement cela ne suffit pas pour survivre dans l'enfer de la rue. Dylan n'est pas le seul adolescent à vivre dehors. Dans la rue, il y a aussi Ambre, la belle et douce Jenna dont il est amoureux ou encore Twitch, un jeune garçon drogué et illettré à la fragilité attachante.
Mon avis :

Résultat de recherche d'images pour "remi sans famille"J'ai beaucoup aimé ce roman. L'auteur évoque de façon très juste une dure réalité, dont on parle finalement assez peu dans la littérature jeunesse : les enfants des rues. Oh bien sûr, tout le monde a entendu parler du petit Rémi, de sans famille ou du jeune Oliver Twist, de Dickens, mais on oublie facilement que cela existe encore, et parfois beaucoup plus près de chez nous qu’on l'imagine. D'après l'UNICEF, 120 millions d'enfants vivent dans les rues. En France, ils sont 40000 à être livrés à eux-mêmes. La plupart ont fui un contexte familial difficile, d'autres comme Dylan ont été mis à la porte. Mais je m'égare. Dans la théorie de la relativité, Barbara H-A nous décrit sans fausse pudeur la difficulté de la vie de ces jeunes livrés à eux-mêmes. Où plutôt de la survie, car quand on est à la rue, on ne vit pas, on survit. Résultat de recherche d'images pour "oliver twist"La force de ce livre réside dans la froide simplicité avec lesquels l'auteur aborde les problèmes auxquelles sont confrontés ces enfants : la faim, le froid, la solitude, la drogue qui aide à oublier, mais rend complètement dépendant, ou encore la prostitution, l'inceste, les gangs de rue qui essayent d'instaurer leur loi. Malgré tout, ces gosses ont un courage et une rage de vivre qui force le respect. Rare sont les fois où ils se plaignent de leur sort. Ils surmontent les épreuves ensembles.



Résultat de recherche d'images pour "enfant des rues"C'est le deuxième gros point fort de ce roman, ces personnages. J'ai tendance à trouver les personnages de roman pour ado un peu fade, un peu stéréotypé, mais pas là. Ce sont des vrais ados, avec leurs contradictions, leur passé, souvent douloureux, mais toujours évoqué avec énormément de pudeur, leurs défauts aussi. Aidé par la narration à la première personne, on s'attache tout de suite à Dylan, un garçon intelligent, peut-être un peu trop, fier aussi, indubitablement trop pour son propre bien. Ses compagnons d'infortune ne sont pas en reste. De fortes personnalités, très différentes, avec comme seuls points communs des blessures, parfois visibles, des fois, non. Les adolescents, qui sont la cible de ce livre, ne pourront pas rester indifférents au sort de ces jeunes qui leur ressemble, et que le hasard de la vie a jeté sur le trottoir.

L'écriture est fluide et rythmée ce qui ne gâche rien. Bref, je vous recommande vivement ce livre.
En bonus, une petite vidéo sur une expérience réalisée en Suède. Je l'ai trouvée très bien faite, et cela fait un moment que je me demande où la placer.
 Et vous, auriez-vous prêter votre manteau ?


Ps : si le sujet des enfants des rues vous intéresse, vous pouvez faire un tour ici pour avoir les chiffres, ou encore ici pour leur donner un petit coup de pouce. 





J'ai 14 ans et je suis détestable - Gudule - 3/5

Flammarion

Jeunesse

" Marre. Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. Je déteste les miroirs. Je me déteste. J'ai 14 ans et je suis détestable. "


Gudule est une auteure que je connaissais dans un style un peu plus adulte ( recueil de nouvelles, les filles mortes se ramassent au scalpel, pour ce que la référence intéresse). En tombant sur ce roman dans les rayonnages de la bibliothèque, j'ai eu très envie de voir ce qu'elle donnerait en jeunesse. Dans j'ai 14 ans et je suis détestable, j'ai retrouvé le style de Gudule, mélange de réalisme et de fantastique ( même si je dois avouer avoir préféré les filles mortes se ramassent au scalpel que j'avais vraiment adoré). L'écriture est incisive avec une pointe d'humour. Le roman se lit à une vitesse folle ( moins d'une heure pour moi). Un petit bémol pour les personnages qui manquent un peu de profondeur à mon goût en même temps, difficile de faire autrement avec un texte aussi court.
Dans ce livre, nous suivons les aventures de Léa. Mal dans sa peau et en conflit avec ses parents, rien ne va pour elle. Jusqu'à ce qu'elle décide de déménager au grenier où une énorme surprise l'attend. Un fantôme ! C'est la deuxième critique que j'aimerais soulever. Ni le titre ni le résumé n'indiquent qu'on a affaire à un roman fantastique. Connaissant l'auteur, j'aurais pu m'en douter, mais quand même.

Bref. Une lecture plutôt plaisante, pas prise de tête du tout, mais on est dans du roman jeunesse donc ce n'est pas anormale. Ce livre m'a redonné envie de me replonger dans l'oeuvre plus adulte de Gudule ( le club des petites filles mortes a rejoint ma PAL)