Le printemps des barbares, Jonas Lüscher

Edition : Autrement

Genre : Littérature















Résumé : 

" Il y avait eu des signes avant-coureurs la veille au soir, des barbares mais durant la nuit la situation s'était encore aggravée. Pendant que Preising dormait, l'Angleterre sombrait. »Amateur de pantalons en velours et de mocassins rutilants, Preising n'a guère l'âme d'un aventurier. Dans un luxueux club au coeur du désert tunisien, le voici contraint de côtoyer une horde de traders londoniens venus célébrer un mariage dans une débauche d'alcool et d'argent. Au lendemain d'une nuit de fête, la panique se propage à la vitesse de l'éclair : la Grande-Bretagne aurait fait faillite. Soudain ruinés, les golden boys perdent toute retenue. Du maître-nageur aux dromadaires, nul n'échappe à leur folie destructrice. Conte philosophique, roman de la crise économique, comédie de moeurs, Le Printemps des barbares est avant tout une formidable satire de notre époque."

Premier roman de Jonas Lüscher, jeune auteur suisse, le printemps des barbares, se présente comme un conte philosophique moderne. 

J’avais pas mal d’attente envers ce roman, couronné du prix Franz Hessel en 2013. Le concept de départ, un conte moderne et cruel dénonçant notre société ultralibéraliste m’avait séduite, mais j’ai trouvé le résultat plutôt décevant. Je m'attendais à quelque-chose qui ressemblerait un peu à du Jean Teulé qui est capable de nous raconter les pires travers de l'humanité avec son style incisif et son humour noir. On en est très loin.

 A mon sens, le plus gros problème de ce roman, c'est son manque de rythme. C'est simple. Il ne se passe rien. Le style est assez ampoulé et les digressions perpétuelles de Preising ralentissent énormément l'action. On passe les deux tiers du roman à attendre une crise qui est finalement bien vite menée et assez loin du déchaînement de violence promis dans le résumé. La narration elle-même est très spéciale avec un narrateur qui nous raconte une histoire qu'un autre personnage, Preising en l’occurrence, lui a racontée. 

Le personnage de Preising, véritable candide des temps modernes, est intéressant, mais son profond détachement vis-à-vis de la situation qu’il raconte, m’a empêché de m’investir émotionnellement dans l’histoire. On peut tout de même reconnaître à l’auteur le mérite de pousser le lecteur à réfléchir sur nos sociétés ultras capitalistes, car les évènements narrés dans ce roman, quoique fictionnels, n’en sont pas moins plutôt réaliste. Malgré tout, à l’instar de Preising, l’auteur se contente de constater sans réellement apporter d’éléments nouveaux au débat. Les derniers mots du narrateur à la fin du livre résument plutôt ce constat :

 « Et qu’avait-il prouvé par là ? Avec cette histoire triste et pleine de tragiques hasards ? Une histoire qui ne délivre aucun enseignement. »

Bref, vous l'aurez deviné, je ne vous recommande pas particulièrement ce livre. Après, ce n'est que mon avis personnel, d'autres le trouveront peut-être génialissime. Pour ne rester sur une note négative, voici quelques titres qui me viennent à l'esprit en pensant à ce livre et que je vous conseille vivement :



Mangez-le si vous voulez, Jean Teulé


Nul n'est à l'abri de l'abominable.
Nous sommes tous capables du pire!
Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.
Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.
Pourquoi une telle horreur est-possible?
Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?






American Gods, Neil Gaiman ( Mon avis)

" Quand les anciens dieux se sont installés en Amérique, amenés par de hardis navigateurs puis par les vagues successives d'immigrants, ils pensaient trouver un territoire à la mesure de leurs ambitions. Peu à peu, cependant, leurs pouvoirs ont décliné : Anubis - l'ancien dieu des morts égyptien - en est réduit à travailler dans une entreprise de pompes funèbres ! Et de nouvelles idoles - cinéma ou Internet - se sont imposées. C'est pourtant un humain, Ombre, qui se retrouve au cœur d'un conflit titanesque : à peine sorti de prison, découvrant que sa femme est morte et que son meilleur ami était son amant, il accepte un contrat aussi dangereux qu'étrange"





Pour ce premier article de 2017, j’ai choisi d’aborder un sujet un peu différent de ce que j’aborde d’habitude sur ce blog, plus personnel même si ça reste dans le thème du livre.

Comme j’en ai parlé dans mon bilan de 2016, l’année dernière a été pour moi une longue période de remise en question et j’ai finalement décidé de me réorienter. J’avais envie de vous proposer cet article parce que la plupart d’entre nous ne vivront jamais de leur plume. Il nous faut donc nous trouver un emploi qui permettra de payer le loyer et de remplir le frigo. Et tant qu’à faire, autant en trouver un qui nous donnera envie de nous lever le matin. Le métier de bibliothécaire n’est pas forcément celui auquel on pense en premier. Personnellement, je ne savais même pas qu’il existait des études pour cela. Je souhaitais donc vous faire découvrir cette formation pas forcément très connue et qu’y gagnerait à l’être plus.

Découverte de la licence  et candidature

La plupart d’entre vous ne le savent sans doute pas, mais plus jeune je voulais devenir vétérinaire. Oui, j’ai une fâcheuse tendance à voir un peu haut. Tu veux faire quoi plus tard ? Écrivain ou vétérinaire. Of course. Juste deux des métiers les plus difficiles d'accès en France. Enfin bref, passons. Plutôt bonne élève, personne n’a cherché à me décourager ( contrairement à écrivain. Mais ça, c’est une autre histoire). Toute ma scolarité, on m’a conforté dans l’idée que rien ne m’était impossible. Ouais, je vous laisse imaginer le choc en arrivant en prépa. Grande désillusion. Non, je n’étais pas aussi intelligente et douée que je le pensais ou du moins, d’autres l’étaient beaucoup plus que moi. Obtenir le concours allait être beaucoup plus compliqué que je le croyais. Comme qui n’essaye rien n’a rien, j’ai quand même fait mes deux années de prépas et passé ce fameux concours. Que je n’ai pas eu. Tant pis, à la place, je suis entré en école d’ingénieur. C'était la suite logique. Sauf que ce n’était pas ce que je voulais faire. Il m’a fallu quelques mois pour m’en rendre compte. S’en est suivi une période d'intense réflexion sur ce que je souhaitais dans la vie : gagner beaucoup d’argent quitte à renoncer à ma passion et à consacrer tout mon temps à un métier qui ne me plaisait que moyennement, ou gagner moins et faire ce que j’aimais. Si la réponse est évidente ( du moins pour moi), la mise en pratique était un plus compliqué. Surtout qu’il faut l’assumer vis-à-vis de son entourage. C'est peut-être ça le plus dur : la pression sociale. Les gens ne comprennent pas forcément qu'on puisse renoncer à un avenir tout tracé pour quelque chose d'aussi futile qu'écrire 😉.

Pendant cette période, j’ai eu l’occasion de faire un stage en bibliothèque et là ce fut la révélation. C’était là qu'était ma place. Depuis toute petite, j'adore les bibliothèques. Je m’y suis toujours senti à ma place, entouré de livres,  mais je n’avais jamais songé à en faire mon métier. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ceci dit, j’étais bien embêté parce que je ne faisais pas du tout les bonnes études. Je me suis pourtant réinscrite en école d’ingénieur à la rentrée suivante. Sauf qu’aller en cours quand on sait que ce n’est pas ce qu’on veut faire, c’est un peu compliqué et mon manque de motivation se faisait ressentir sur mon moral. J’ai donc fini par chercher comment je pourrais me réorienter et j’ai découvert la licence pro métiers du livre. Ce n'est pas les seules études pour devenir bibliothécaire. Il y a aussi des DUT et une école, mais repartir pour un DUT quand on est niveau Bac +4, c’est un peu dur à avaler et le programme de l'école de correspondait pas exactement à ce que je cherchais.

Les métiers du livres, qu’est-ce que c’est ? Et bien, comme le nom l’indique, c’est tous les métiers qui touchent au monde du livre : bibliothécaire, éditeurs, libraires, documentaliste.... Chaque licence ( et DUT) a sa spécialité. Moi, je me suis spécialisé en bibliothèque qui est plutôt rare, la plupart concernent l’édition.

Donc, dès que j'ai découvert ces licences, je me suis dépêché de remplir les dossiers d’admission ( on était déjà en avril !) et j’ai croisé les doigts. À ce moment-là, je dois vous avouer que je stressais un peu. Avec ma formation scientifique, je ne me sentais pas forcément légitime. Peu de temps après, j’ai reçu un mail comme quoi j’étais reçu à l’oral à Paris. Gros soulagement et nouvelle montée de stress.

L’oral s’est très bien passé. Les examinateurs étaient très gentils et m’ont rassuré en expliquant qu’au contraire, mon double profil, à la fois littéraire et scientifique, était un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ils m’ont interrogé sur mon parcours, mon expérience en bibliothèque, mes attentes, mes objectifs professionnels. J’ai aussi eu le droit à une ou deux questions de mise en situation. Quelques jours plus tard, je recevais le mail me disant que j’étais prise. J’ai donc choisi ma passion pour les livres et arrêté mon école d’ingénieur.


La licence


Je vous passe le détail de la galère des inscriptions et de l’aménagement à Paris pour passer à ce qui nous intéresse, la licence.

Malgré les propos rassurants des examinateurs, j'angoissai un peu, ne me sentant pas entièrement légitime. J’avais peur de me retrouver entouré d’élève ayant un DUT métiers du livres et d’avoir un retard fou à rattraper. Par chance, je suis tombée sur la bonne licence, l’objectif des responsables de cette formation étant de former des étudiants de tous horizons pour en faire des professionnels des métiers du livre.  C’est, à mon sens, l’un des grands plus de cette licence. Si je reste la seule scientifique,  tout le monde à un parcours différent et donc des expériences à apporter aux autres. Les effectifs sont très réduits ( cette année, 12 élèves ont été sélectionnés) et l’ambiance est vraiment sympa.
Mais vous vous demandez sans doute ce qu’on y apprend dans cette licence. Et bien pas mal de choses. On y retrouve les enseignements assez classiques auxquelles on peut s’attendre : catalogage, politique culturelle, gestion des collections, anglais… mais aussi des thèmes beaucoup plus modernes : Réseaux sociaux, informatique, lien social et médiation... Ses cours et les bibliothèques que j'ai visités dans le cadre de ma formation ont vraiment fait évoluer ma vision du métier de bibliothécaire.


Donc si pour vous une bibliothécaire est une vieille dame avec un chignon qui passe son
temps à ranger des livres dans les rayons en faisant chuuuuuut dès que quelqu’un a l’audace de parler, sachez que vous êtes très loin du compte. La bibliothèque 2.0 est un troisième lieu, c’est à dire un lieu d’échange et de partage.




Le concept de troisième lieu

" Le troisième lieu, notion forgée au début des années 1980 par Ray Oldenburg, professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, se distingue du premier lieu, sphère du foyer, et du deuxième lieu, domaine du travail. Il s’entend comme volet complémentaire, dédié à la vie sociale de la communauté, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. " L'exemple typique est le pub irlandais.

Source : enssib.fr


La bibliothécaire d’aujourd’hui ( bon par contre, ce cliché-là n'est pas tout à fait faux. C’est une profession qui reste assez féminine, même si justement, ces nouvelles thématiques invitent des profils différents à venir travailler en bibliothèque) n’a plus pour unique rôle de constituer et gérer des collections d’ouvrages. C’est avant tout une médiatrice ( ou un médiateur, n’oublions pas les garçons) de l’information, aussi à l’aise sur les réseaux sociaux, qu’avec des aiguilles à tricoter ou une manette de jeux vidéo.




Donc si vous cherchez un métier passionnant, aux multiples facettes, que vous aimez les livres, les gens, mais aussi la musique, le cinéma, les jeux vidéos, alors pensez au métier de bibliothécaire. Moi, en tout cas, je ne regrette pas mon choix et j’ai hâte que le stage commence.




2016 se termine dans quelques jours. C’est donc l’heure de dresser le bilan de l’année écoulée. J’en profite pour vous souhaiter à tous une excellente année 2017, que tous vos projets se réalisent.

De mon côté, 2016 fut une année très riche, aussi bien du côté de ma vie personnelle qu’en tant qu’auteure, pour peu qu’on puisse séparer les deux.

Vie Perso


En 2016, j’ai choisi de me réorienter pour me former au métier de bibliothécaire. Quitter mon école d’ingénieur et l'avenir tout tracé qui allait avec ne fut pas une décision facile à prendre, mais je ne la regrette pas le moins du monde. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens totalement à ma place. Je prépare un article sur le sujet que je devrais poster prochainement.

Si tout va bien, je devrais obtenir mon diplôme en 2017 et quitter la vie étudiante. Un changement auquel mes habitudes d’écriture vont devoir s’adapter.

Ecriture


En plus de commencer de nouvelles études, cette rentrée 2016/2017 a été consacrée aux corrections éditoriales de mon roman l’apprentissage du sang. C’était une grande première pour moi et même s’il y avait beaucoup de boulot, je suis plutôt contente de moi. La publication se rapproche de plus en plus. J’attends avec impatience le jour où je tiendrais enfin mon roman papier dans les mains. Mine de rien, j’ai calculé, cela fait presque deux ans que j’ai envoyé mon manuscrit aux premiers éditeurs et 5 ans que je travaille dessus.

En 2016, j’ai aussi terminé d’écrire le tome 2 de l’apprentissage du sang et je commence doucement la phase de bêta-lecture, mais je ne me presse pas trop. Après des mois plongé dans les aventures d’Adi, j’ai besoin de changer un peu d’univers et de personnages. En attendant, je travaille donc sur un One shot, le pays des enfants parfaits, une dystopie pour adolescent. C’est aussi pour moi l’occasion de tester une nouvelle méthode de travail. En effet, après des années à écrire au grès de l’inspiration, seulement armée de mes personnages et d’un vague résumé, j’ai décidé de planifier sérieusement mon roman. Pour cela, je me suis inspiré de la méthode d'Elizabeth Georges et de celle des flocons. Vous pouvez retrouver ma série d’articles sur le sujet ici. Pour l’instant, difficile de dresser un bilan en terme d’efficacité étant donné que le roman est en pause depuis plusieurs mois, mais globalement, je suis plutôt satisfaite de cette méthode. J’ai l’impression que cela me permet de mieux creuser les différents scénarios possibles et de moins rester centré sur mes personnages principaux. L’apprentissage du sang m’avait demandé un travail de réécriture énorme. Pour faire simple, les deux tiers du roman ont été ajoutés après coup. La toute première version était juste une sorte de fil conducteur. Il n’y avait pas d’intrigues secondaires, les personnages n’avaient aucune consistance… Pas besoin de vous faire un dessin. Faire un plan m’a permis d’avoir tout de suite une histoire beaucoup plus développée. J'avais un peu peur que cela enlève beaucoup d'intérêt à l'écriture du roman de ne pas découvrir l'histoire au fur et à mesure, mais je passe à peu près par les mêmes phases que pour mes précédents romans avec des périodes de grandes excitations ou de découragement. C'est même plutôt rassurant dans ces dernières de savoir où on va.

Mes objectifs pour 2017
, outre la publication de mon premier roman, sont donc de terminer le premier jet du pays des enfants parfaits et les corrections du deuxième tome 2 de l’apprentissage du sang.

Blog

Même si j’ai parfois un peu de mal à concilier études, écriture et blog et donc à publier régulièrement, c’est vraiment quelque chose que j’aime faire et que j’ai à cœur de développer. Ce blog m’a permis de faire de belles rencontres en 2016 et j’ai bien l’intention de continuer en 2017. Une de mes résolutions pour cette année est d’arrêter de faire passer le blog en dernier et d’avoir une publication plus régulière. Comme il est de notoriété publique qu’on ne tient jamais nos bonnes résolutions et que les prochains mois risquent d’être chargé entre écriture, stage et rédaction d’un mémoire, je prends un peu d’avance. J’ai toute une série d’articles en préparation, des conseils, des nouvelles chroniques, des interviews...





Au nom de l’harmonie

Tome 1 : Zéphyr de Nathalie Chapouille

Fantastique

Editions temporelles ( créées par l'auteure)

Pages : 298









Résumé :


Après avoir survécu à une violente agression lors de ses 15 ans, Melinda Violette, pensait ne plus jamais entendre parler de cette étrange marque qui se trouvait sur la main de son sauveur. Pourtant, 10 ans plus tard, lorsque son meilleur ami, Nathan, lui offre un pendentif en tout point identique à la cicatrice en forme de spirale de l’homme qui l’avait immanquablement sauvée de la mort, elle commence à se poser des questions sur lui.

Et quand le lendemain matin, elle se réveille invisible, elle s’empresse d’appeler Nathan à la rescousse. Comme ce dernier continue à nier toute implication dans ce qui lui arrive, elle est convaincue qu’il lui cache quelque chose. D’autant plus qu’il n’a pas l’air tellement surpris de la trouver dans cet état.


Avant de vous donner mes impressions, je voudrais remercier l'auteure, Nathalie Chapouille , de m'avoir donné l'occasion de découvrir son univers.

J'avoue avoir eu un petit peu peur au début du roman à cause de quelques soucis au niveau de la concordance des temps, mais heureusement ceux-ci disparaissent rapidement et je me suis laissé emporter par la plume de l'auteure.

Dans ce roman à la première personne, nous suivons donc les aventures de Mélinda. Au début du récit, celle-ci vient de fêter ses quinze ans . Elle attend que son père vienne la chercher quand une femme armée d'un katana ( oui, vous avez bien lu, un katana) l'agresse sans raison. Heureusement pour elle, un mystérieux jeune homme vient à son secours, sacrifiant sa vie pour sauver la sienne. Nous n'en saurons pas plus sur cette agression pour le moment.

Nous retrouvons Mélinda 10 ans plus tard. La jeune femme semble s'en être plutôt bien remis. Peut-être un peu grâce à la présence de Nathan, son meilleur ami dont elle secrètement amoureuse. Un jour, celui-ci lui offre un collier et hop, la voilà invisible. Le pire dans tout ça, c'est que le beau Nathan ne semble pas plus perturbé que ça par la situation.

Ce début d'histoire est plutôt mignon et nous donne envie de découvrir les personnages. Mélinda apparaît comme une jeune fille normale auquel il est très facile de s'identifier. Sa relation avec Nathan est tout simplement adorable et surtout très drôle. J'ai trouvé l'idée de l'invisibilité vraiment géniale. Les situations que cela entraîne sont vraiment cocasses. Merci à l'auteure, grâce à elle j'ai dû passer pour une folle dans le métro à me marrer toute seule devant ma liseuse.

" Après tout, ça n'allait pas me tuer de déambuler au milieu de la foule, nue comme un ver... Je serais seulement extrêmement embarrassée, pour le plus grand plaisir de Nathan... "

L'univers va progressivement s'assombrir au fur et à mesure que les éléments fantastiques font leurs apparitions. Car si découvrir un matin qu'on est invisible doit être un brin flippant, ce n'est rien par rapport à ce que Mélinda va découvrir. La pauvre va voir son univers voler en éclat.

Si l'humour reste toujours présent, le roman nous emmène explorer une palette de sentiments beaucoup plus vaste. Au fils des pages, on passe par toutes les émotions : la joie, la peur, la tristesse, le doute, la jalousie… Comme c'est un roman à la première personne, l'histoire se concentre essentiellement sur Mélinda, mais pas seulement. J'ai beaucoup apprécié la manière dont l'auteure arrive à créer de l'empathie avec les autres personnages, notamment avec Alex. Dans ce cas précis, le procédé trouvé est ingénieux et donne une autre dimension à ce trio amoureux qui sans ça aurait pu paraître un peu revu. Je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir.

Mais je m'aperçois que je ne vous ai pas encore parlé d'Alex. Alex, c'est le bad boy qui va venir s'immiscer dans le duo Nathan/Mélinda. C'est pour moi la grande surprise de ce roman. De prime abord, c'est le genre de personnage qui m'exaspère. Arrogant, macho, trop sûr de lui. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi dans tant de roman l’héroïne en tombe amoureuse au bout de dix pages. Je ne sais pas d'ailleurs ce qui m'énerve le plus : le mec ou la fille. Sauf qu'on n'est pas du tout dans ce genre de schéma. Pour une fois, la fille ( Mélinda, donc) est amoureuse du gentil garçon. Encore que cela reste à voir. Je ne suis pas sûre que Nathan soit forcément si gentil que ça. En tout cas, c'est celui qui se soucie vraiment d'elle, mais revenons à nos moutons. Mélinda et Alex. Loin de l'image clichée de la jeune fille naïve, Mélinda est tout aussi agacée que moi par ce que représente Alex. Elle va lui en faire voir de toutes les couleurs et le forcer à dévoiler ce qui se cache sous sa cuirasse de gros dur. J'ai aimé cette profondeur qu'on retrouve, dans une moindre mesure chez tous les personnages. Ceux-ci sont attachants et réalistes.


" Son sourire provoquant et ses yeux pétillants emplis de cette fierté mal placée qui m'horripilait tant me donnèrent envie de le gifler, mais je me retins.


- A mon tour de te donner un conseil. Ralentis la vantardise et le narcissisme à gogo, si tu veux continuer à passer les portes "

L'écriture est fluide et l'histoire prenante. J'ai dévoré le livre jusqu'au dénouement final qui m'a laissé avec une seule envie : lire la suite. C'est donc une lecture que je ne saurais que vous conseiller.


Retrouver Nathalie Chapouille :

Sur sa page Facebook : Nathalie Chapouille
Sur le site des éditions temporelles : Les editionstemporelles.com



Hey, Nostradamus, David Coupland

Edition : Au diable Vauvert

Genre : Roman noir

Pages : 296

"Dieu est partout
Dieu est nulle part"







Résumé :

Enceinte et secrètement mariée, Cheryl griffonne sur un cahier d’écolier ce qui deviendra ses dernières volontés, juste avant que trois élèves de son lycée, désaxés et déchaînés, mitraillent la cafétéria du lycée. Submergée par la paranoïa, la peur des adolescents et le zèle religieux suscité par le massacre, cette banlieue assoupie réagit en séparant les bons des méchants pour que tout continue comme si de rien n’était. Mais pour une poignée de personnes, toujours sous le choc de cet horrible jour, la vie a définitivement déraillé.

Hey Nostradamus nous raconte les lendemains d’un massacre dans un lycée de Vancouver en 1988. Pour la petite anecdote, je n’avais pas du tout prévu de lire ce roman. J’étais venu à la bibliothèque pour chercher Génération X du même auteur dont on m’avait dit beaucoup de bien. Comme il était sorti, j’ai regardé un peu les livres autour et j’ai été séduite par la couverture de celui-ci. Vraiment, je la trouve magnifique et c’est bien la seule raison qui m’a fait prendre ce livre ( enfin, ça et le fait que j’étais venu pour découvrir cet auteur). L’idée de lire un roman sur une fusillade dans un lycée ne m’inspirait pas des masses. J’avais un peu peur de tomber dans le schéma cent fois revu d’adolescents désabusés, bercés à Marylin Manson et accros aux jeux de tir à la première personne. Et bien, pas du tout. La fusillade est finalement assez secondaire. C’est juste l’élément déclencheur de la réflexion. Si elle est présente telle une ombre dans tout le roman, on en parle finalement très peu. Quant au tueur, leurs portraits sont à peine esquissés. L’auteur ne cherche d’ailleurs pas à expliquer leurs motivations. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le massacre le sujet du roman, ni même ce qui peut pousser l’être humain à massacrer ses semblables, mais plutôt la quête de soi, la spiritualité, le chagrin, la difficulté d'accepter la perte d'un proche…


"- As-tu jamais douté de... de tes croyances ?
Il me regarda par dessus le rebord de son verre. "Si tu m'avais posé cette question, il y a dix ans, je serais devenu violet et je t'aurais flanquée dehors, même si je n'étais pas chez moi. Je t'aurais considérée comme une personne nuisible. Je t'aurais méprisée. Mais maintenant, je peux te répondre oui, sans que cela ne m'écorche la bouche, sans même le sentir. J'ai l'impression d'être lourd. aussi pesant que des haltères. J'ai simplement envie de m'immerger dans la planète, comme un rocher dans un marécage, et d'en finir avec tout ça."

Au cœur de ce roman à quatre voix, un personnage : Jason. C’est sa petite amie, Cheryl, mortellement blessée lors de la fusillade, qui ouvre le bal. Elle sait qu’elle va mourir, pourtant, elle fait calmement le point sur sa vie. Récemment convertie, elle nous raconte sa vision de la religion et son histoire d’amour avec Jason.

"La sérénité, c’est ce que j’ai maintenant ici- peu importe où ici se trouve. je ne fais plus partie du monde et je n’appartiens pas encore à ce qui suit"

Vient ensuite le tour de Jason lui-même. Dix ans ont passé depuis la fusillade et la mort de Cheryl, mais il ne s’en est toujours pas remis. Détruit par les événements qui ont suivi la fusillade, luttant contre l’endoctrinement religieux qu’il a subi, c’est un être profondément marqué qui a sa propre spiritualité.

"En tout cas, ces amis ne se bagarrent pas à propos de serviettes ou de porte-serviettes - ou du moins, ça n'arriverait pas si je dirigeais le monde. D'accord, vaut mieux laisser tomber cette histoire de diriger le monde, je peux à peine arriver à faire reconnaître mon existence par les portes automatiques de Save-On-Foods. Je dois donc accepter ce que m'offre la vie. Le prendre avec un sourire. Me calmer."

Puis celui-ci disparaît et c'est au tour d’Heater, sa compagne, de prendre la parole. Enfin, le roman se termine par le point de vue de Reg, le père de Jason que son fanatisme a éloigné de tous et plus particulièrement de son fils.


4 narrateurs, 4 conceptions de la vie totalement différentes, 4 façons de croire. Chaque point de vue nous éclaire sur les autres, dressant petit à petit une vision d’ensemble du tableau et nous invitant à remettre en question ce qu’on tenait pour acquis. En nous plongeant dans l’intimité la plus profonde de chacun de ses personnages, l’auteur nous pousse à réfléchir à la vie, à la religion dans ce qu’elle a de meilleur et de pire. Un sujet terriblement d’actualité, traité de façon particulièrement intelligente, sans accusations, réquisitoire ou préjugé. Si la vision du genre humain proposé par l’auteur est plutôt pessimiste, le roman se termine par une note positive, une déclaration d’amour d’un père à son fils qui prouve que tout le monde peut changer.