vendredi 16 septembre 2016

Sur mes étagères : Dis-moi que tu m'aimes, par Joy Fielding

Dis-moi que tu m'aimes, Joy Fielding

Editeur : Michel Lafon

Thriller psychologique

pages : 399











Résumé :
" Une nuit, planquée dans un buisson à espionner un suspect, la détective privée Bailey se fait surprendre par un inconnu qui la viole, en lui susurrant ces paroles glaçantes : "Dis-moi que tu m'aimes."

Commence alors pour la jeune femme une longue descente aux enfers. Elle ne dort plus, fait toujours le même cauchemar, se lave frénétiquement plusieurs fois par jour, traque le moindre bruit. Et revit la scène encore et encore... Qui est son violeur ? Le voisin bizarre qu'elle épie toute la journée à travers ses jumelles ? Son ex avec lequel la rupture fut extrêmement violente ? Chaque passant ressemblant de près ou de loin à la silhouette de son agresseur devient son suspect numéro un..."

Encore un Thriller ! Pour quelqu’un censé ne pas aimer ça, je trouve que j’en lis quand même pas mal en ce moment. Mais bon, je présume qu’après des années à les éviter soigneusement, j’ai un peu de retard à rattraper. En tout cas, merci aux autres blogueurs de me pousser à lire des livres vers lesquels je ne me serais pas forcément tourné autrement.

Bailez est détective privé pour un grand cabinet d’avocat. Son boulot : traquer les menteurs pour faire jaillir la vérité. Un travail qui demande de l’assurance et de la confiance en soi. Bailez est donc une femme forte, sûre d’elle. Jusqu’à ce qu’un soir, un inconnu la viole. Un choc qui va briser en éclat la carapace que la jeune femme s’était fabriquée. Elle se cloître dans son appartement où elle revit en boucle son viol. Ne vous attendez pas à des courses-poursuites haletantes, des scènes de bagarres ou autres. La lutte à laquelle se livre Bailey se passe presque entièrement dans sa tête. La jeune femme nous entraîne avec elle dans sa paranoïa, croyant reconnaître son violeur à chaque coin de rue, tremblant à chaque fois qu’elle croise un homme « d’âge et de poids moyens ». Pourtant, le danger ne vient pas toujours de là où l’attends et les véritables ennemis de Bailey pourrait être bien plus proche d’elle qu’elle ne le pense.


"Mon métier est fondé sur l’exposition de l’intimité que je viens de condamner. Je ne suis rien d’autre qu’un charognard, le nez dans les ordures de la vie des autres, à fouiller leurs poubelles, à les espionner par la fenêtre, à l’affût de leurs secrets les plus sombres."


J’avoue avoir eu un peu de mal au début du roman à me mettre en phase avec Bailez. J’avais envie de lui dire de se bouger un peu, de se faire aider, que ce n’était pas en restant enfermé chez elle qu’elle allait arranger les choses. Mais au fil de ma lecture, j’ai appris à la connaître. En découvrant les faiblesses qui préexistaient chez elle bien avant ce terrible événement, je me suis mise à la trouver plus sympathique. Bailez est profondément humaine. Elle a de nombreux défauts, ce n’était ni mère Theresa ni Superman. Ses réactions ne sont pas forcément rationnelles, mais c’est ce qui lui donne une existence tangible et au final, on finit par s’identifier, peut-être pas à elle, mais au moins à sa quête. Parce que, j’avais beau trouver ses réactions un peu excessives, à la limite de la folie, la vérité, c’est qu’on ne sait pas comment on réagirait, nous, dans de telles circonstances.


"J'ai perdu la notion du temps. Une autre ligne dans ma liste «ce que j'ai perdu» . Juste en dessous de «confiance en soi» . Juste au-dessus de «santé mentale»."


Certains passages sont à la limite du dérangeant. On entre très profondément dans l’intimité des personnages, dans celles de Bailez, bien sûr, mais pas seulement. Le thème principal est le voyeurisme et la paranoïa. Dans ces grands immeubles de verre vit une population à la fois profondément individualiste, mais en manque d’identité. Le paraître devient la seule façon d’exister. Pas facile de trouver à qui on peut faire confiance quand tout le monde joue un rôle. Et les ennemis sont souvent bien plus proches qu’on ne le croit. La fin est surprenante et donne une autre dimension à ce thriller. Pour ma part, j’étais tellement centré sur la quête de Bailez pour trouver le violeur que je ne l’ai pas vu venir.


" On peut essayer de se regarder à travers les yeux des autres de temps en temps, mais on ne peut pas uniquement se voir comme les autres nous voient."




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